Le changement d’heure d’été 2017, c’est ce soir !

Bonjour,

Cette nuit, l’heure de l’été va sonner ! A 2 heures du matin, il sera en fait 3 heures ! Nous allons donc troquer une heure de sommeil contre des journées plus longues, ça vaut le coup, non ? Même si demain nous serons dimanche, et que les réveils sont généralement proscrits le week-end, pensez tout de même à régler le vôtre pour éviter la mauvaise surprise lundi matin !

Pendant que la plupart des Français seront dans les bras de Morphée, les aiguilles sauteront directement à trois heures et nous perdrons une heure de sommeil.

Pourquoi le changement d’heure ?

La date du changement d’heure est régie par un texte européen depuis 1998 et le passage à l’heure d’été revient toujours le dernier dimanche du mois de mars, soit quelques jours après le début du printemps et un trimestre après le solstice d’hiver. L’hiver est donc bel et bien terminé. Avec l’équinoxe de printemps, qui a eu lieu le 20 mars dernier, les journées vont désormais rallonger crescendo jusqu’au 21 juin, date du solstice d’été 2017. 

L’objectif du changement d’heure avancé par les autorités est simple : faire mieux correspondre les horaires d’activité avec les horaires d’ensoleillement afin de limiter les dépenses d’éclairage artificiel en profitant de 60 minutes supplémentaires de jour en fin d’après-midi ou en soirée en été. En effet, le passage à l’heure d’été a des conséquences sur l’heure de lever et de coucher du soleil. L’astre apparaît plus tard aux petites heures du matin. En revanche, il disparaît à l’ouest 60 minutes plus tard. Or, en France, les activités sont beaucoup plus importantes en fin de journée (c’est notamment entre 18 et 21 heures que l’on constate la plus forte consommation d’électricité) qu’aux premières heures du jour (autour de 6-7 heures du matin). Ce décalage permet donc, selon ses partisans, de mieux faire coïncider les heures d’éclairage naturel et les habitudes de consommation des citoyens en jouant sur la luminosité en soirée. C’est bien cet argument qui a participé à la mise en place du changement d’heure tel que nous le connaissons aujourd’hui.

L’ADEME – à l’origine de cette mesure – est l’agence gouvernementale chargée de trouver des moyens d’alléger la facture énergétique. Elle finance et organise notamment des programmes de recherche et des actions de formation et d’information auprès des entreprises, des collectivités territoriales, des administrations et des particuliers. Pour elle, le lien entre changement d’heure et économie d’énergie est évident car « la plupart des gens se lèvent entre 6h et 7h du matin, or en hiver, il fait jour le matin vers 8h et en été vers 6h ». Un chiffre confirmé par Médiamétrie qui a déterminé l’heure moyenne de lever des Français en fonction de leur écoute de la radio. En moyenne, ils se réveillent à 6h48 ! Mais le mécanisme du changement d’heure est aujourd’hui contesté par certains experts, ainsi que par des « victimes » du nouvel horaire.

Les derniers chiffres sur les effets du changement d’heure sur la consommation d’énergie datent de l’année 2009. On estimait alors l’économie réalisée à 440 GWh pour ce qui concerne le seul éclairage. Un chiffre qui correspond à l’usage de l’éclairage, pendant un an, d’une ville de 800 000 ménages au total (soit les agglomérations de Lyon et Marseille cumulées). Beaucoup d »autres chiffres ont été donnés et circulent depuis cette date dont celui-ci : 44 000 tonnes de CO2 seraient évitées grâce au changement d’heure selon le ministère de l’Ecologie. Selon la même source, c’est l’émission au total de près de 100 000 tonnes de CO2 cumulées qui pourrait être économisée d’ici à 2030. La luminosité vespérale (du soir) permet également de réduire le pic de consommation électrique constaté habituellement autour de 19 heures. En effet, si cette tranche horaire est mieux éclairée, les besoins en éclairage public ou privé sont en baisse, soumettant les sites de production et les réseaux à des cadences moins importantes.

Histoire du changement d’heure

L’idée d’appliquer un changement d’heure est très ancienne. La mesure a été appliquée pour la toute première fois en 1916 en Allemagne et en Autriche-Hongrie. Objectif : conserver du charbon pour l’effort de guerre. La France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont imité cette invention avant de l’abandonner en temps de paix. En France, c’est en 1975 que le système a été adopté, par le gouvernement mené par Jacques Chirac, afin de réduire la consommation d’énergie pendant la crise pétrolière. Le premier passage a l’heure d’été de l’ère moderne a eu lieu le dimanche 28 mars 1976. L’ensemble des pays européens ont fini par introduire la pratique au début des années 1980.

Benjamin Franklin avait des idées bien arrêtées sur le changement d’heure.

Mais jouer avec les aiguilles est une vieille lune ! Avec pour point de départ, une insomnie : celle de l’inventeur et homme politique américain Benjamin Franklin. En 1784, alors qu’il est ambassadeur des Etats-Unis en France, il est réveillé très tôt par un bruit dans la rue. Constatant à travers les rideaux qu’il fait grand jour, il envoie une lettre sarcastique au Journal de Paris. Dans le courrier, il se désole des heures de lumière matinale perdues et propose aux Parisiens de se lever plus tôt. Les gens iraient, de fait, se coucher de bonne heure, ce qui permettrait d’économiser des milliers de bougies et chandelles. Il propose même, à demi sérieux, de faire sonner les cloches des églises dès l’aube pour réveiller les dormeurs et, si cela ne suffit pas, de tirer des coups de canon pour les forcer à se lever…

Plus de cent ans plus tard, un entomologiste néo-zélandais se lasse de voir ses chasses aux insectes interrompues par la nuit. Georges Vernon Hudson retourne l’argumentation : et si on demandait aux horloges de changer, pas aux gens ? Il invente donc l’idée d’une heure d’été qui s’appliquerait à la belle saison australe. Il propose à la Royal Society of New Zealand de décaler les horloges de deux heures aux équinoxes afin de permettre à chacun de profiter au mieux : « du cricket, du jardinage, du cyclisme ou toute autre activité extérieure ». Ses amis scientifiques sont très sceptiques, mais l’intense débat provoqué dans la presse par cette proposition est entendu à l’autre bout du monde…

En Grande-Bretagne, le patron d’une entreprise de travaux publics, William Willett, promeut l’idée à partir de 1907. Il propose que les horloges soient progressivement avancées au printemps par petits sauts de 20 minutes. C’est finalement pendant la Première guerre mondiale que ces argumentaires sont entendus. A l’époque, l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie cherchent à économiser un maximum de charbon. Pour limiter la consommation domestique, les autorités militaires décrètent dans les deux pays l’adoption de l’heure d’été. Au printemps 1916, les deux pays changent d’heure pour la première fois, bientôt suivis par le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis. Chacun de ces pays abandonne la mesure une fois la paix revenue.

En 1940, l’Allemagne nazie réintroduit l’heure d’été, toujours pour préserver ses réserves de charbon. Afin de favoriser la bonne circulation des trains entre les deux pays, l’occupant exige du régime de Vichy qu’il adapte les horloges françaises. Paris et le reste de l’Hexagone quittent le fuseau de Londres (Greenwich) pour rejoindre celui de Berlin et adopte en même temps l’heure d’été. Un état de fait qui inspirera le titre du roman « Mon village à l’heure allemande » de Jean-Louis Bory (qui remporte le Prix Goncourt). Pendant longtemps, l’idée de changement d’heure restera associée avec cette période sombre dans l’esprit des Français. Après la fin du conflit, l’Etat conserve l’heure de Berlin (C.E.T.), renonçant à retrouver le fuseau horaire de Londres. En revanche, l’heure d’été est abolie.

Mais fin 1973, le prix du pétrole quintuple en quelques semaines. La conjonction d’un ralentissement économique et de la Guerre du Kippour, qui oppose Israël à de nombreux pays arabes, alourdit la facture pour les pays occidentaux. En France, comme ailleurs en Europe, l’heure est aux économies d’énergie drastiques, résumées par l’astucieux slogan : « On n’a pas de pétrole, mais on a des idées ». Les stations-service sont rationnées, les chaînes de télévision arrêtent leurs programmes dès 23 heures… En 1975, le gouvernement de Jacques Chirac propose alors la réintroduction du changement d’heure. Un décret publié au Journal officiel rend la transition obligatoire.

Le premier changement d’heure de l’ère moderne a eu lieu le 28 mars 1976. Dans le journal télévisé de TF1, le journaliste vedette de l’époque, Roger Gicquel, déclare tout de go : « Je n’y comprend rien » (voir la vidéo sur le site de l’INA). Près de 40 ans plus tard, les Français demeurent aussi dubitatifs.

 

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