Montmorency : un passé historique fabuleux

Du castrum au duché

Sur le coteau sud des buttes témoins qui portent son nom, Montmorency contrôle de grands axes de circulation en usage depuis l’Antiquité et reliant Paris à Rouen, Beauvais ou Amiens. Au Moyen Âge, son château est tenu par la famille de Montmorency, dont la puissance concurrence celle de l’abbaye bénédictine de Saint-Denis dans la vallée et une grande partie de la plaine de France. En 1551, la seigneurie est érigée en duché-pairie pour le connétable Anne de Montmorency (1492-1567). Après l’exécution d’Henri II de Montmorency (1595-1632), le duché passe à la maison de Condé. Attribué au fils aîné du prince de Condé, il est rebaptisé duché d’Enghien en 1689.

Le terroir de Montmorency autrefois

Le territoire de Montmorency (537 ha) s’étage entre 60 et 170 m d’altitude, sur les hauteurs qui séparent la vallée portant son nom du Pays de France qui s’ouvre au nord et à l’est. Montmorency a aussi donné son nom à un important massif forestier qui, avec la Forêt de l’Isle-Adam, couvre une grande partie des paroisses situées au nord-ouest, jusqu’à la vallée de l’Oise. En 1786, les bois occupent 27 % du territoire (contre 22 % aujourd’hui), mais le plateau des Champeaux dominant la ville est déjà largement cultivé. Au sud, de grandes surfaces (17 % de la surface totale) sont consacrées à la viticulture. L’eau jaillit en de nombreux points le long des coteaux : à l’est, à l’Ermitage et au hameau de La Rue, les fontaines des Haras et du Savat donnent naissance au ru allant vers Groslay et Montmagny. Au sud, la fontaine Saint-Valéry alimente le ruisseau de la Fosse-aux-Moines qui, après avoir reçu celui de la Fontaine-aux-Basserons, traverse Soisy avant de se jeter dans ce qui deviendra le lac d’Enghien à la fin du XIXe siècle. Au nord, les eaux des fontaines René et Saint-Paul vont se perdre vers Soisy-sous-Montmorency. Le sous-sol est riche en limon des plateaux (lœss), sable, en argile et en meulière, et les bancs de gypse, comme dans les communes environnantes, y sont largement exploités1.

Étude toponymique

Le nom de Montmorency apparaît dans un acte de 1060 sous la forme Montemorenci2. La forme Mons Maurentiacus3 n’est bien entendu qu’une latinisation tardive, qui ne peut être d’aucune utilité pour le toponymiste : du moins présente-t-elle l’avantage de ne proposer aucune étymologie fantaisiste. L’auteur, R. Blondin, en s’appuyant sur l’étude phonétique d’une série toponymique, conclue que Montmorency repose sur le gentilice4 Maurentius et que ce gentilice est incontestablement latin. Est-ce à dire que le fondateur du domaine était de souche gallo-romaine ? Nous ne le pensons pas.

Nous n’avons, certes, aucune raison sûre de considérer le Maurentius de Montmorency comme un lieu de forte densité franque. Mais le voisinage de toponymes comme ceux de Margency et Andilly nous semble de nature à aller dans ce sens. L’un et l’autre sont en effet des vilages anthroponymes5 visiblement franciques : Marig-entius et Andelig (lequel a pu se latiniser en Andelius).

Sans parvenir à une certitude, nous pensons que notre Maurentius est, comme ses voisins, d’origine franque.

Nous pensons donc que la création du domaine de Montmorency, qui se fait aux dépens de la zone forestière, date de cette époque (IVe ou Ve siècle) et est antérieure à la conquête de la Gaule par Clovis6.

Le territoire était-il occupé à la période gallo-romaine ?

De nombreuses pièces gallo-romaines ont été découvertes à Montmorency, mais la seule mention précise se rapporte à une monnaie de l’empereur Domitien (81-96), trouvée vers 1900 dans un jardin de la rue des Moulins, au quartier de Jagny. Comme il s’agit d’une découverte fortuite, en résiduel, on ne peut retenir ce fait pour attribuer une origine gallo-romaine à Montmorency.

Il est possible que le territoire des deux domaines gallo-romains du vicus miraculorum de Deuil-Groslay et du Magniacus de Montmagny, se soit prolongé jusqu’à la Seine au-delà des forêts d’Ormesson, jusqu’aux friches d’Épinay, sur lesquelles les Mérovingiens élevèrent le palais où mourut Dagobert. La variété du relief et le bouleversement qui marqua les troisième et quatrième siècles rendent difficile l’étude de cette région, disputée plus tard entre la puissante maison des Montmorency et l’abbaye de Saint-Denis, héritières toutes deux des droits du fisc impérial7.

Du haut Moyen Âge au Moyen Âge

Montmorency – Mons Maurentiacus, Mons Morentius – apparaît dans les textes en 996, quand Robert II le Pieux (996-1031) cède le castrum à Bouchard le Barbu († 1020) pour le dédommager de la perte de sa forteresse du Chastellier dans l’îsle de Saint-Denis8. Le lieu-dit Château-Gaillard correspond peut-être à cette première fortification9. Le château féodal, construit en pierre au XIIe siècle, s’élève plus au sud, sur un éperon dominant le vallon de la fontaine Saint-Valéry. La ville est plusieurs fois ravagée durant la guerre de Cent-Ans (1337-1453), en particulier en 1358, au moment de la Jacquerie, et le château est détruit par les Anglais. Il n’en restera que la tour Trompette, haute de cinq étages, où seront conservées les archives du duché et où les vassaux viendront rendre hommage10. Le lycée Turgot, construit dans les années 1950, occupera l’emplacement de la motte féodale d’origine et des jardins aménagés dans la basse-cour du château (castrum) au XVIIIe siècle.

La première collégiale Saint-Martin, construite vers 1120 par Mathieu Ier, est la chapelle castrale11. L’église paroissiale, dédiée à Notre-Dame, s’adosse aux murs de la ville, près de la porte de Groslay (rue Notre-Dame, face à la rue Le Laboureur). Au XIIIe siècle, la chapelle Saint-Jacques dessert le quartier nord de la ville. Son cimetière a été reconnu comme étant situé place des Cerisiers. La famille de Montmorency dote l’hôtel-Dieu, fondé en 1207 : en 1213, Mathieu II lui donne un demi-muid de blé à prendre chaque année sur sa grange d’Écouen. En 1269, Thibaut lui fait un legs de cent sols12. À la même époque, les Templiers possèdent une maison à Montmorency, entre les rues du Temple et du Docteur-Millet. Leur manoir de Clairvaux, rue de Clairvaux, comporte grange, jardin et colombier. Après la suppression de l’ordre, les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem rattachent ces biens au Temple de Paris qui deviendra plus tard le Grand Prieuré de France13.

La bourgade joue un rôle prépondérant dans la contrée environnante, comme en témoignent les nombreux chemins, rues ou avenues dits de Montmorency mentionnés dans les documents anciens. En 1411, elle est de nouveau enclose de murs, dans lesquels s’ouvrent les portes Notre-Dame, de la Geôle, de la Fontaine et de Bague, dite Saint-Jacques, ainsi qu’une poterne appelée porte Jonvel ou de Beauvais14.

Des moulins à vent

Deux moulins à vent sont attestés à partir du XVIe siècle. Il s’agit d’un moulin-tour, celui de Jaigny et d’un moulin-pivot15, celui de Clairvaux. En 1519, Guillaume de Montmorency concède à Guillaume Thibault, marchand demeurant à Mouy-en-Beauvaisis, un arpent de terre « au champ de Jaigny près le marché de Montmorency, à la charge d’y construire un moulin à vent ». En 1552, le connétable Anne de Montmorency achète « une pièce de terre de deux arpents et demi au lieu-dit Clairvaux, sur laquelle est situé le moulin à vent naguère fait de neuf ». L’un et l’autre resteront en fonction, au moins jusqu’à la Révolution16.

Montmorency au XVIIe siècle

La constitution du duché-pairie entraîne la reconstruction de Montmorency et l’installation de nouveaux établissements religieux. La collégiale Saint-Martin (qui sera classée monument historique en 1840), rebâtie dans un style gothique flamboyant, est dotée de vitraux remarquables17. Elle devient la nécropole des ducs et l’église paroissiale après 1630, Notre-Dame étant tombée en ruines. Les taxes en nature, notamment le vin provenant du domaine seigneurial, sont stockées dans le « bastiment des voustes », un vaste cellier de onze travées voûtées d’arêtes, aménagé en contrebas sur la pente18. En 1601, face à l’Hôtel-Dieu dont ils assurent le service, les Mathurins ou Trinitaires édifient un couvent avec cloître et chapelle dédiée à Saint-Nicolas, entre les rues du Marché, du Cours, du Luminaire et des Basserons. La chapelle Saint-Jacques, quant à elle, est reconstruite au début du XVIIe siècle et desservie d’abord par les Feuillants, puis par les Oratoriens, qui assurent aussi les offices dans la collégiale. Le couvent des premiers s’étend à l’angle des rues Jean-Jacques Rousseau et de Bagues. Les seconds, établis à Montmorency depuis 1617, n’installent leur couvent qu’à partir de 1696. Achevé en 1718, il est situé entre la collégiale Saint-Martin et les rues du Temple, Bridault et de l’Église, où se trouve l’entrée principale. Il est d’une taille considérable, avec soixante-quinze mètres de façade et quatre étages. Un pont permet aux religieux de rejoindre directement la collégiale Saint-Martin. De l’ensemble, détruit au XIXe siècle, ne subsiste aujourd’hui que le réfectoire, transformé en maison.

En 1670, Charles Lebrun (1619-1690, biographie ci-après), premier peintre du roi, directeur de ses manufactures, fait construire le Petit-Château aux Closeaux. Trois ans plus tard, il acquiert le fief de Thionville et réunit les deux propriétés. Entre 1702 et 1709, le financier Pierre Crozat (1661- 1740, biographie ci-après) édifie dans la seconde une magnifique demeure, dite le Grand-Château, puis il complète l’aménagement du parc par une grandiose orangerie de plan semi-annulaire sur les plans de Gilles-Marie Oppenord (1672-1742), inscrite au titre des monuments historiques en 1977 (23-27, rue du Temple).

Montmorency au XVIIIe siècle

cartedeschassesmontmorency

Extrait de la « Carte des chasses du Roi » (vers 1760)

À son arrivée dans la ville en 1756, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778, biographie ci-après) est logé par Madame d’Épinay (1726-178319) au lieu-dit l’Ermitage, à la lisière de la forêt, sur le flanc du coteau qui domine Groslay. Après leur rupture, il s’installe dans la petite maison du Mont-Louis, dont le plancher menace ruine. Pendant les travaux, le Maréchal de Luxembourg (1702-1764), qui occupe avec sa femme le Grand-Château, lui propose un des quatre appartements d’un « édifice isolé qui était au milieu du parc, et qu’on appelait le Petit-Château ».

« Le parc ou jardin […] est inégal, montueux, mêlé de collines et d’enfoncements, dont l’habile artiste a tiré parti pour varier les bosquets, les ornements, les eaux, les points de vue, et multiplier pour ainsi dire, à force d’art et de génie, un espace en lui-même assez resserré. Ce parc est couronné dans le haut par la terrasse et le château; dans le bas il forme une gorge qui s’ouvre et s’élargit vers la vallée, et dont l’angle est rempli par une grande pièce d’eau. Entre l’orangerie qui occupe cet élargissement, et cette pièce d’eau entourée de coteaux bien décorés de bosquets et d’arbres, est le petit château dont j’ai parlé. […] Comme il est dans un fond entre le bassin de l’orangerie et la grande pièce d’eau, par conséquent sujet à l’humidité, on l’a percé dans son milieu d’un péristyle à jour, entre deux étages de colonnes, par lequel l’air jouant dans tout l’édifice le maintient sec, malgré sa situation. Quand on regarde ce bâtiment de la hauteur opposée qui lui fait perspective, il paraît absolument environné d’eau, et l’on croit voir une île enchantée, ou la plus jolie des trois îles Borromées, appelée Isola bella, dans le lac Majeur »20.

Le Petit Château est démoli en 1791, le Grand-Château en 1816 et le grand parc, ce « paradis terrestre » est divisé en trois lots inégaux. L’Ermitage disparaîtra en 1956. La maison du Mont-Louis, acquise par la municipalité en 1946 et classée monument historique en 1984, abritera le musée Jean-Jacques Rousseau.

Toujours pour la période du XVIIIe siècle, signalons que parmi les 185 séismes principaux recensés dans le Bassin parisien, seuls trente d’entre eux ont été ressentis dans la Région parisienne, sans jamais y atteindre un caractère grave, l’un concerne le bourg de Montmorency, en 176921.

Les activités principales du village

L’activité viticole est la principale ressource de Montmorency. C’est en effet l’un des bourgs viticoles moyens de la Vallée, après Sannois, Eaubonne et Deuil. Pour l’année 1788, la production de vin est de 1319 muids, soit 300 732 litres, alors que Deuil, par exemple, gros bourg viticole, produit la même année 2 661 muids, soit un peu moins du double (49,56 %) de celle de Montmorency22.

La culture de la cerise griotte

La vallée de Montmorency est célèbre dès le XVIIe siècle pour ses productions de fruits, notamment pour ses fameuses cerises. Dès le premier ouvrage en langue française entièrement consacré à la pomologie, la cerise de Montmorency est présentée comme excellente : « La cerise de Montmorency est plus tardive, et d’une grosseur prodigieuse, elle ne charge pas tant que les autres, mais est admirable à manger et à confire, ayant une douceur particulière, on la nomme dans le pays Coulard 23». Une forte production fruitière commercialisée y est présente, certes dès le début de la période envisagée, et l’étude d’Hugues Neveux24, centrée sur la seconde moitié du XVIIe siècle, laisse présager de la richesse des fonds disponibles pour le duché-pairie de Montmorency.

De plus cette vallée de Montmorency, dans son acceptation moderne, constitue un lieu de villégiature de la Cour et de la Ville. À l’exemple des Condé25, du maréchal de Catinat26, ou du premier peintre du roi, Charles Le Brun (1619-1690, biographie ci-après27), de nombreux nobles et bourgeois y possèdent des maisons des champs. L’influence des modes et de la littérature agronomique sur les cultures fruitières peut donc y être étudiée28.

Les demandes d’une autorisation d’alignement, véritables demandes de permis de construire conservées dans les archives judiciaires, sont de bons révélateurs du public intéressé par ces traités : non seulement ces demandeurs possèdent des maisons de campagne dans les villages circumparisiens, mais en plus, ils désirent agrandir leur clos et/ou multiplier les jardins clos29.Ainsi peut-on suivre l’agrandissement des jardins d’un premier commis de la marine, Nicolas-Louis Goix, (moulin et fief de Jaigny) qui, entre 1781 et 1787, demande trois autorisations d’alignement pour clôturer et joindre à sa propriété d’Enghien de nouveaux héritages30.

Deux sondages effectués dans les archives de la justice du duché-pairie de Montmorency, l’un pour les années 1690-1700 et l’autre pour les années 1775-1790, livrent respectivement dix-neuf et dix-sept demandes d’alignement. Les deux tiers des demandeurs sont des nobles et/ou des officiers de finance et de justice, parmi lesquels on rencontre un mousquetaire, un chevalier ordinaire du roi, ancien échevin de Paris, un écuyer trésorier général des finances, un receveur général des rentes de l’hôtel de ville, et autres conseillers du roi… Le tiers restant est surtout constitué par des marchands et bourgeois parisiens31.

La présence de nombreux cerisiers dans la vallée de Montmorency à l’époque moderne traduit l’existence d’une importante demande, notamment parisienne. Le succès du temps des cerises tient à la période de maturité de ces fruits qui offre un avant goût de l’été en remplaçant les fruits de garde, néanmoins cet arbre n’attire pas les honneurs décernés au poirier et au pêcher, sans pour autant connaître la dédaigneuse condescendance des auteurs contemporains envers de nombreuses pommes et prunes. Cette neutralité peut se comprendre par deux caractéristiques du cerisier qui s’équilibrent. Si le cerisier ouvre la saison des fruits et possède ainsi l’atout de la primeur, il aime à être cultivé en haute-tige et en plein vent, ce qui lui interdit les privilèges du jardin, à l’exception anecdotique du cerisier précoce dont l’espalier offre, dès le mois de mai, de petites cerises acides que les femmes de l’aristocratie consomment avec beaucoup de sucre. De surcroît, ce fruit massivement commercialisé apparaît peut-être plus comme une production de marchands-fruitiers et de verger de rapport que digne d’appartenir à la société élitiste d’un jardin fruitier de curiosité32.

Pour la vallée de Montmorency, les catégories « bâti, cour, jardin » et « prés et vergers » représentent 25 % de la surface du finage d’Andilly33-Margency34.

À Pontoise, les religieuses de l’Hôtel-Dieu ont le droit de percevoir deux deniers parisis par bête de somme chargée de cerises entrant dans la cité, mais aussi pour chaque charrette chargée de fruits, oignons, choux et autres, quatre pièces de l’un ou de l’autre, et « sur chacune hottée de fruits, comme pommes, poires, abricots, prunes, cerises, noix et autre sorte, une poignée35 ».

Seul le « monstre » parisien, fort de ses 604 000 habitants en 1780, peut expliquer un tel développement des cultures fruitières.

« La présence d’une telle masse de population urbaine, dans une France restée encore essentiellement rurale, a eu de bonne heure des effets géographiques considérables, esquissant notamment une véritable région agricole, orientée vers Paris, pour l’alimentation de la ville, qui se découpe dans le monde rural traditionnel36 ».

Ainsi l’intendant de la généralité de Paris peut-il souligner, dans une ordonnance imposant l’échenillage des arbres dans les finages de son ressort, que les fruits sont « pour les habitans des paroisses situées aux environs de la capitale […] la principale et presque l’unique ressource, et pour la subsistance, et pour le payement de leurs impositions37 ».

L’importance de ces foyers producteurs s’explique aussi par la présence de foyers urbains secondaires à approvisionner. Pontoise se nourrit des cultures fruitières de Jouy-le-Moûtier et de celles des terroirs de la vallée de Montmorency alimentant aussi les villes de Saint-Denis-en-France et d’Enghien (Montmorency), Versailles drainent ceux de Louveciennes… Le réseau des grands foyers de productions fruitières prend ainsi appui sur des centres urbains secondaires, parfois anciens et/ou fortement aristocratiques38.

Parmi les finages qui consacrent des terroirs aux cultures fruitières, certains ont acquis une grande réputation, qui a parfois perduré jusqu’au XXe siècle. La vallée de Montmorency est ainsi célèbre dès le XVIIe siècle pour sa production de fruits de haute-tige et notamment pour ses fameuses cerises. D’ailleurs, la lettre patente de 1689 faisant part de la volonté royale de remplacer l’appellation du duché-pairie, de la vallée et de la ville de Montmorency par Enghien permet à Mme de Sévigné d’ironiser : « Il faudra donc dire des cerises d’Enghien, au lieu des cerises de Montmorency 39».

Sur le plan botanique, on distingue les cerises en deux catégories, suivant que la saveur de leur chair est acidulée ou douce. À la première catégorie (cerises) appartiennent les variétés suivantes : anglaise hâtive, belle de Choisy, belle de Chatenay ou belle magnifique, Impératrice Eugénie, Reine Hortense, Montmorency, griotte du Nord. À la seconde, les bigarreaux (à chair ferme) : gros cœuret, Jaboulay, Napoléon, Reverchon, etc., et les guignes (à chair molle) : précoce de Rivers, guigne de mai, noire hâtive.

Marcel Lachiver nous définit les deux sens du cerisier (distinct du merisier). Le premier : arbre de la famille des rosacées qui porte les cerises. Apporté d’Asie Mineure à Rome, par Lucullus, en 74 av. J.-C., il a déjà atteint la Bretagne (la Grande-Bretagne) en 46 ap. J.-C. Le second : petits chevaux de louage, ainsi nommés au XIXe siècle parce qu’ils portent ordinairement les cerises de Montmorency aux marchés de Paris40.

La variété de cerise la plus utilisée – en réalité une griotte41, puisque acidulée – a vu le jour dans l’Yonne, où elle est baptisée « gobet » (celle qu’on gobe). Répandue, et sans doute améliorée, dans notre vallée, à partir de Montmorency, où elle est mentionnée dès 1174, elle connaît une vogue étonnante, surtout au XIXe siècle. On l’appelle alors cerise courte-queue de Montmorency.

Mémoires d’un âne de Montmorency

Laissons Jean-Paul Neu nous conter les mémoires d’un âne de Montmorency au XIXe siècle42. Mérard, le blond épicier de la rue Carnot, proche du marché, organise, depuis 1821, la réquisition le dimanche de tous les ânes des villages voisins. Il les équipe de selles « à l’anglaise » pour les cavaliers, « à la française » pour les papas et « à la fermière » pour les « grands-mamans ». Pour une course ordinaire : quarante sous. Les prix sont réglementés en 1837, 1854, et 1858, mais on peut marchander. Le loueur fournit aussi à la demande un conducteur que l’on paie généralement le même prix que pour l’âne.

Nombre d’écrivains ont chanté vers 1830, les ânes de Montmorency. Beaucoup de dessinateurs s’en sont inspirés. Pour la Belle Époque, vous nous permettrez de laisser un moment la parole à l’un de ces malheureux animaux :

« Foi d’animal, Moi qui suis né comme tant d’autres, à Montmorency, je puis bien comme Cadichon, mon frère normand, si distingué qui publia ses mémoires sous la signature de la Comtesse de Ségur, née Rostopchine, vous livrer quelques souvenirs à mon tour.

Ânes, nous le sommes tous, de père en fils sur cette colline de Montmorency.

Pendant des siècles, nos maîtres, les villageois de ce gracieux pays, aux pentes un peu trop fortes à mon gré, se contentaient de nous utiliser tout au long de l’année pour transporter par les chemins, souvent boueux et étroits, des engrais ou des châtaignes. Au début de l’été ils nous accablaient de charges écrasantes : des monceaux de cerises, puisque la vallée, de Frépillon à la butte Pinson, était littéralement couverte de cerisiers, mais le temps des cerises ne se prolongeait pas.

Et puis elles étaient fameuses, ces cerises de Montmorency que Madame de Sévigné décida de se refuser à nommer cerises d’Enghien quand Louis XIV, à la demande de son cousin, le fils du Grand Condé, changea en 1689 le nom de Montmorency en Enghien.

Ce changement de nom déplaisant était encore théoriquement revenu en vigueur quand, sous Louis XVIII, la mode prit les parisiens venus en excursion chez nous de vouloir nous chevaucher.

Sur la place du marché à Montmorency on commença le dimanche à nous ranger sous les arcades d’un vaste bâtiment (les Halles), où vint s’installer plus tard le café Bertelli. On y donnait des concerts. À côté de nous, il y avait aussi des chevaux de louage. Car on nous louait les uns et les autres à des inconnus qui souvent ne savaient même pas nous monter. Certains nous tapaient dessus pour nous faire avancer, quand ce n’était plus de notre humeur… Ils arrachaient des branches de cerisiers sur la route, les transformaient en badines. Par dérision, certains nous nommèrent « les cerisiers de Montmorency ».

Certaines loueuses, des vieilles, à la figure de sorcières, nous affublaient de leur propre prénom, Victoire ou Marguerite sans souci de notre sexe.

Le dimanche, autour de la Halle du marché, on voyait maint visiteur descendre de son cheval ou de sa calèche et venir nous louer pour une promenade, courte ou longue.

Quand le chemin de fer s’établit, les loueuses refusèrent de nous transférer à la gare pour attendre les voyageurs. Elles voulaient conserver leur place traditionnelle autour de la Halle du marché. Cependant, malgré les commerçants du quartier qui protestaient on finit par nous emmener avenue de la Gare en 1882.

Deux ans plus tard, en 1884, la Halle du marché était démolie, le café Bertelli aussi. Nous n’étions déjà plus que trente-deux ânes. Car la mode commençait à passer. Fini le temps où, le dimanche, il fallait nous canaliser par des barrières pour descendre la rue Grétry jusqu’à l’Ermitage43 ».

Les activités secondaires

La première d’entre elles est pratiquée dans le village par des hommes ou des femmes. Il s’agit de la dentelle : la blonde. Les dentellières et marchands de dentelles en Vallée de Montmorency sont connus par les registres paroissiaux, les minutiers ruraux, les archives judiciaires et récemment par l’étude de Béatrix de Buffévent, L’Économie dentellière en région parisienne au XVIIe siècle. Les négociants en dentelles, cependant, sont rares dans la Vallée : 3 à Montmorency, 4 à Taverny et 2 à Saint-Leu (en comparaison, pour le Pays de France, où ils sont 121 à Villiers-le-Bel), et 3 ouvriers professionnels en dentelles (attestés en tant que métier principal et déclarés officiellement) sont mentionnés à Montmorency dans le rôle de taille au XVIIe siècle, alors que l’on trouve 10 ouvrières en dentelles à Saint-Prix à la même période44.

Par ailleurs, au XVIIIe siècle, de petites gens prennent en nourrice des enfants des « bourgeois » de Paris et de la région pour compléter leurs faibles revenus45. Ces nourrissons sont élevés dans des conditions souvent discutables, ce qui provoque un grand nombre de morts précoces46.

L’évolution démographique sous l’ancien Régime

En 1471, la population montmorencéenne, la plus importante de la Vallée, n’est que de 60 feux, soit 240 habitants environ47. Jusqu’au début du XVIIIe siècle, les chiffres augmentent notablement : 364 feux, soit 1456 habitants en 1709, ce qui signifie une population multipliée par 6 en 238 ans. La population, reste à peu près constante dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle à 362 feux, soit 1448 habitants, en 1788 et connaît une augmentation notable à la période révolutionnaire : 1789 habitants en 1790, soit une population multipliée par 1,23 en 81 ans48, ce qui fait toujours de Montmorency à la Révolution le village le plus peuplé de la Vallée. Cette progression est probablement due à plusieurs facteurs combinés : la baisse de la mortalité, la montée du nombre de naissances, et l’accroissement de l’émigration.

Le Refoulons

Le 30 juin 1866, par voie unique, un petit train, le Refoulons, vient relier Montmorency aux quais de la gare d’Enghien (créée 20 ans plus tôt), avec deux arrêts à Soisy et à la pointe Raquet. La ligne avait été conçue par MM. Rey de Foresta et Marchand pour un meilleur acheminement vers Paris des matériaux extraits et transformés des carrières de sable stampien et de meulière compacte (matériaux de construction) et de limon des plateaux (briques et tuiles) des Champeaux et de celles de gypse saccharoïde (plâtre) à Soisy. Elle présentait aussi un intérêt stratégique. Par un tunnel percé dans le prolongement de la gare de Montmorency, elle se reliait par une voie étroite (type Decauville de 60 cm de large) au fort de Montmorency.

L’inauguration de la gare de Montmorency, le 30 juin 1866, constitua un évènement comme en témoignent l’article et la gravure publiés dans « Le Monde illustré49 ». Drapeaux, oriflammes, estrade pour les officiels, tribunes pour le public à gibus, lanciers de la Garde impériale… L’évêque de Versailles s’avance, suivi de prélats qui portent sa crosse et la Croix du Christ. Il vient donner sa bénédiction à la locomotive.

  1. Rey de Foresta, après avoir rappelé les difficultés de construction d’une ligne au profil aussi accidenté, déclare : « Ce chemin intéresse Paris dont la population a toujours aimé Montmorency et les souvenirs qui s’y rattachent ?».

Le préfet Bosseli fait ressortir que ce chemin de fer construit par une initiative privée, est le premier qui ait été réalisé sans aucune subvention de l’État, du département ou des communes environnantes. Il espère que cet exemple sera suivi.

Le « Refoulons », ainsi appelé parce que la machine se trouve à l’arrière, qu’elle pousse dans la côte de Montmorency, et renverse la vapeur pour redescendre, sera cédée à la V.T.I.L. (Compagnie des Voies Ferrées d’Intérêt Local). Après l’exode de 1940, la SNCF, nommée séquestre par décret, reprend une exploitation dont le déficit ne fera que s’accentuer. 3 000 voyageurs en 1947, 1 800 en 1953. Le 30 juin 1954, 88 ans, jour pour jour après son inauguration, le « Refoulons » accomplit son dernier voyage50.

L’évolution démographique aux XIXe et XXe siècles

Pendant des siècles, les activités agricoles, arboricoles51 (poiriers et cerisiers) et viticoles52, ainsi que l’exploitation artisanale du gypse dans les coteaux, de l’argile à briques et à tuiles, réalisée sur le plateau des Champeaux, rythment la vie des Montmorencéens dans un cadre traditionnel. Mais l’arrivée du chemin de fer en 1846, avec l’ouverture au trafic de la ligne de Paris-Nord à Ermont et la création d’une station à Enghien, puis en 1866 avec la création d’une ligne de chemin de fer qui relie Enghien à Montmorency, autrement connu sous le nom de Refoulons53, attire une population nouvelle et modifie progressivement la répartition des domaines agricoles, par la vente et la parcellisation des grands domaines, au profit de la construction de l’habitat particulier.

En 1801, la population montmorencéenne est de 1 697 habitants, les chiffres augmentent notablement avec 4 966 habitants en 1896, ce qui signifie une population multipliée par près de 3 en 95 ans. Pour le XXe siècle, cette croissance devient forte, comme dans l’ensemble de la Vallée avec 5 419 habitants en 1901, elle passe à 18 691 habitants en 1968, soit une population multipliée par 3,45 en 67 ans.

Montmorency est restée une ville résidentielle jusqu’à nos jours. Son tissu urbain est peu modifié. De petits établissements industriels, des résidences et des zones pavillonnaires se développent autour des accès routiers bien améliorés, depuis la fermeture de la gare du Refoulons le 30 juin 1954, ce qui entraîne la régression des cultures ancestrales du terroir, surtout sur le plateau des Champeaux.

La population actuelle est de 21 416 habitants, ce qui indique une population multipliée par 4 en 105 ans, chiffre plus faible que la moyenne, par rapport à l’évolution de la population valmorencéenne dans son ensemble, depuis le début du XXe siècle.

La ville de Montmorency a porté six appellations différentes entre 1689 et 1832. En 1689, Henri-Jules de Bourbon, (petit-fils d’Henri de Bourbon, prince de Condé), demande au roi de commuer le nom de son duché-pairie de Montmorency en celui d’Anguien, du nom d’une terre qu’il possède à Nogent-le-Rotrou (à la suite du transfert antérieur vers cette terre d’un titre détenu par sa famille à Anguien dans le Hainaut). Ce nom (par la suite Enghien) devient celui de la ville de 1689 à 1790. Le 30 novembre 1793, le village est appelé Émile, en hommage à Jean-Jacques Rousseau, puis Montmorency à partir du 23 novembre 1813 et pendant les Cent-Jours. Il redevient Enghien à partir du 24 janvier 1815, et pendant la Restauration, pour retrouver son nom historique à partir du 20 décembre 1832.

Les établissements industriels

À Montmorency, les établissements industriels sont peu nombreux. Aux Champeaux, durant le XIXe siècle, la forêt abrite des fabricants de charbon de bois54. Le plateau, quant à lui, est le domaine des nourrisseurs de bovins (bouchers), des exploitants de carrières de meulière compacte et de sable, car les grands travaux entrepris depuis le milieu du siècle à Paris par le baron Haussmann, la construction des forts de Montmorency, Domont et Montlignon après 1875, et le développement des zones industrielles provoquent une exploitation systématique et accélérée du sous-sol montmorencéen. Après 1870, pour répondre aux besoins en briques et en tuiles des nouvelles zones industrielles, les briqueteries se multiplient. Les familles Marchand et Lefebvre en installent quelques-unes à la limite de Domont, à la Berchère sur Andilly, puis à Montmorency qui, dès 1891 en compte cinq : Lefebvre, Hérodier, Mouchy, Gigot, Fayau. Elles sont neuf en 191155.

La C.G.T. à Montmorency au XIXe siècle

Laissons la parole à Charles Rowe pour nous en parler : « Qui donc, connaissant bien Montmorency, n’a pas remarqué, parmi les rares établissements industriels existant dans notre bonne ville, qu’il n’en est qu’un situé rue des Loges, ayant une cheminée haute de plusieurs dizaines de mètres, sur laquelle sont lisibles ces trois lettres : C.G.T., dont la consonance évoque pour nous tous autre chose qu’un dépôt de tramways. […] De longue date, la Compagnie Générale de Traction a cessé d’exister, bien avant même que nos bons vieux tramways s’en soient allés à la ferraille. Une fois encore, c’est une longue histoire que nous n’évoquerons que succinctement, bien qu’ayant beaucoup d’éclats, qu’ils soient pratiques, politiques comme il se doit, pittoresques, voire même catastrophiques, comme ce fut le cas notamment en 1910.

Cette usine a été inaugurée et mise en service en 1897, ainsi qu’il est indiqué en lettres de briques blanches sur la cheminée. Il s’agissait là du centre vital de cette entreprise de tramways, de telle sorte que les Montmorencéens aient à leur disposition un moyen de transport en commun plus pratique, plus central, moins onéreux que notre Refoulons, dont la ligne devait faire ce long détour pour gravir la colline en passant par Soisy, avant d’arriver à cette gare parfaitement excentrique, au sens étymologique du terme.

[…] La première concession concernant une ligne reliant Saint-Gratien à Montmorency, tout en desservant la gare d’Enghien – ce qui était essentiel – fut accordée par l’Etat au département de Seine-et-Oise en vertu d’un décret du 17 décembre 1895. Dès après, cette concession fut rétrocédée à un certain M. Galloti, qui la repassa à la Société des Tramways de Montmorency-Enghien-Saint-Gratien, filiale de la Compagnie Générale de Traction.

[…] Il s’agissait d’une voie métrique, comme c’était le cas de toutes les constructions de la C.G.T., mais à Montmorency le hic était le tracé à envisager sans contourner la ville, comme le faisait le Refoulons. Le boulevard de l’Orangerie, percé quelques années auparavant, s’imposait. Mais la pente, au tournant que nous connaissons tous, était de 9 mm par mètre, ce qui était considérable pour un véhicule ne comportant que deux moteurs de 25 CV et pouvant contenir 40 voyageurs, sans oublier le wattman, le receveur et les surcharges aux heures d’affluence. […] Les voitures ne manquaient pas d’allure. Elles étaient très claires avec les sept glaces de chaque côté, que l’on pouvait baisser l’été à l’aide d’une courroie de cuir.

[…] Pour approvisionner, la centrale thermique de la rue des Loges (qui alimentait le réseau électrique des tramways), il fallait de la houille amenée par des voitures à chevaux ! La fumée noire, le matin, servait de girouette aux habitants des Loges et des Chesneaux. Dans l’atelier de la force motrice, derrière le dépôt, il y avait deux dynamos Thomson de 100 kW sous 550 volts, alimentées par deux machines à vapeur de 150 CV. Les courroies de transmission, en cuir, étaient longues de plus de 10 m. La ligne aérienne comportait deux fils parallèles de 9 mm de diamètre, car tous les 500 m, il y avait croisement possible, avec aiguillage à ressort. La fréquence était de dix minutes pour Montmorency et quinze pour Saint-Gratien, quelle que soit l’heure. Quel luxe pour une population si modeste en nombre. Il n’en fallut pas plus pour que la catastrophe financière arrivât vite malgré les 500 000 voyageurs annuels. La société fut mise en liquidation en 1901 […] ».

« En 1921, la S.T.C.R.P56 racheta la concession. Nouveau changement de voitures. Enghien-gare – Montmorency (la rue des Chesnaux, la rue des Haras et Montmorency) fut la ligne 69. Nouvelle amélioration de la qualité du matériel, surtout en matière de sécurité. Le 23 mars 1935 la ligne 54 : Gare d’Enghien – Saint-Ouen – Trinité était supprimée au profit d’autobus. L’agonie du 69 était proche. Il survécut huit mois encore dans sa solitude électrique. Les autobus prirent le relais : ces vieux de Dion-Bouton avec plate-forme arrière et cordon de sonnette »57.

L’atelier de Construction et forges de Montmorency

Un avis d’enquête de commodo et incomodo du préfet de Seine-et-Oise, à Versailles, en date du 13 juillet 1927, concerne l’Atelier de Construction et forges de Montmorency (A.C.F.M.) 20 rue des Loges (le long de la ruelle des Bas-Chesnaux), pour l’établissement d’une « chaudronnerie, le travail des métaux par choc mécanique avec forge de grosses œuvres, et la soudure autogène avec appareils générateurs d’acétylène, les dits ateliers ayant fait précédemment l’objet d’un arrêté préfectoral du 16 février 1920 (2e classe)58 ». Cette Société a pris la suite de la Compagnie Générale de Traction dont nous venons de parler, avec cet atelier de fabrique de matériel de brasserie et de blanchisserie59.

La distillerie Boudon et Cie

Par un arrêté préfectoral du 19 juillet 1922, MM. Boudon et Cie 23 rue du Temple et Parc de l’Orangerie, pour la création d’ « une fabrique de liqueurs, comprenant un atelier pour la préparation de mélanges à froid, avec emploi de liquide inflammable, la quantité de ce liquide réunie, même temporairement, dans l’atelier étant comprise entre 100 et 1 000 litres (2e classe) ».

Compte-tenu de son implantation en pleine ville, cette société fera l’objet de plaintes du voisinage et d’un procès. Elle était en effet installée dans l’ancienne orangerie du château de Crozat, construite en 1720. On connaît également son papier à en-tête décoré de l’Orangerie, avec les données concernant la distillerie : « J.D. Boudon et Cie, Suprême(s), liqueurs et boissons, Maison de Vente à Paris, 35 rue Le Peletier (IXe) », sur une lettre du 1er juin 1922. Une autre du 10 avril 1922, indique : « Distillerie et Entrepôt, Château de l’Orangerie à Montmorency (S. et O.), Tel. Montmorency n° 323 »60.

D’autres établissements font également l’objet de demandes d’autorisation, comme M. Zimmerman pour une « distillerie d’eau de vie de Marc, place Jonvelle n° 2 » (arrêté du Préfet du 19 mars 1836). Certains font l’objet de refus successifs du préfet, tel M. Fonteneau, qui achète trois propriétés en ville pour y établir une « fonderie de suif en branche à feu nu, à l’extrémité de la rue de Jaigny, près la Fontaine » (en 1845 et 1846), puis « une fabrique de chandelles, rue de la Charrette » (le 15 juillet 1852) et encore « une fabrique de chandelles, rue Le Laboureur » (en 1853)61.

&&&&&&&&&&&&&&&

LE PATRIMOINE ANCIEN ET LES SITES DE MONTMORENCY

L’armorial de Montmorency

La description héraldique des armes de la commune de Montmorency est la suivante : « d’or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d’azur ordonnés 2 et 2 ».

Les armes sont celles de la famille de Montmorency, maison remontant au baron Bouchard Ier contemporain de Hugues Capet. Les alérions sont de petites aigles représentées sans bec ni pattes62.

Le château féodal des Montmorency

À l’exception de la base d’une tour du castrum (située en terrain privé, au 13 rue de l’Eglise), il ne reste plus aucun vestige tangible du château seigneurial des Montmorency. Seule une vaste terrasse exhaussée et bien visible, occupée par le lycée d’enseignement professionnel Turgot, témoigne de l’importance qu’a pu avoir cette forteresse au Moyen Âge.

Côté archives, les documents les plus anciens relatifs au château féodal ont disparu, probablement lors de son saccage vers le milieu du XIVe siècle.

Situation

Situé à 114 m d’altitude, sur les hauteurs qui dominent au loin la capitale, surplombant la Vallée éponyme d’une bonne soixantaine de mètres, commandant un couloir de circulation entre la vallée de la Seine et celle de l’Oise, protégé par une épaisse forêt au nord, le Montmorency médiéval constitue un remarquable site stratégique naturel, un poste d’observation idéal au milieu d’un relief tourmenté, alternant, à l’origine, buttes et ravines.

Il n’existe aucun village à cet endroit lorsqu’on édifie, sans doute dans le courant du IXe siècle, la fortification primitive, probablement une motte castrale. Elle fait alors partie d’un vaste réseau défensif et constitue avec celles de l’Isle-Adam, d’Asnières-sur-Oise, Viarmes, Saint-Martin-du-Tertre, Baillet-en-France, Villiers-le-Bel, Sarcelles, Luzarches et Gonesse entre autres, une ligne de surveillance assez homogène en avant de la capitale dont elle contrôle au nord, nord-ouest les principaux accès terrestres63.

Histoire

Le lieu apparaît pour la première fois dans un acte daté de l’extrême fin du Xe siècle64. Bien qu’il s’agisse d’un faux, les historiens s’accordent à reconnaître qu’il est inspiré de plusieurs actes authentiques. On y apprend que, pour mettre fin aux démêlés d’un turbulent féodal local, nommé Bouchard-le-Barbu, avec l’abbaye de Saint-Denis, le roi de France lui concède les fortifications de Montmorency, à charge pour lui d’en relever les ruines.

Ce petit seigneur francilien voit là l’opportunité de se constituer un domaine. Il s’empresse d’exécuter ses obligations et transforme l’ancienne motte castrale en un véritable château fort, dont il fera sa résidence et qui sera à l’origine de la cité.

Une petite bourgade voit en effet le jour et, très tôt, elle est close de murs. Mais le château n’occupe pas la position stratégique idéale. Après un méplat d’environ 80 m, il est dominé au nord par une hauteur qui le surplombe d’une dizaine de mètres. Ce « belvédère » (au lieu-dit Château-Gaillard) sera fermé par le mur d’enceinte de la cité.

En 1356, le château fait l’objet d’un assaut des troupes anglaises stationnées à Creil. En 1358, lors de la grande Jacquerie, une bande de paysans s’en empare, le pille, l’incendie et en tue l’unique défenseur. Les seigneurs de Montmorency désertent alors leur ville et vont s’installer à Écouen.

Toutefois, le donjon subsiste. Il atteste la suzeraineté des Montmorency sur leurs vassaux. Jusqu’au XVIIIe siècle, on viendra prêter foi et hommage à la porte de cette tour désertée.

Description

La construction de ce château a nécessité des aménagements considérables pour l’époque, au premier rang desquels la levée d’un tertre artificiel, destiné à corriger l’effet de pente et constituer une plateforme subcirculaire de 90 m de diamètre environ pour une hauteur de près de 10 m dans sa partie la plus élevée. Cette réalisation, effectuée sur un sol majoritairement sableux, nécessite l’édification, sur les trois-quarts de sa circonférence, de puissants murs en pierre meulière. Ces murs supportent les courtines et les tours du château. Il ne paraît pas avoir été ceint de fossés. L’entrée de l’édifice se fait à l’intérieur de la ville, place-au-Pain. On traverse une vaste basse-cour avant d’atteindre les bâtiments du château proprement dits, élevés à l’opposé de l’entrée et adossés à la courtine ouest dont la tour d’angle fait office de donjon. Sur la face nord, donnant sur la ville, un second mur défensif sera ajouté ultérieurement à la construction primitive afin de former une petite plateforme en contrebas du mur d’enceinte. Cette avancée est appelée « fausses-brayes » dans les actes des XVIe et XVIIe siècles, sans qu’on sache si cette appellation a été donnée par analogie ou témoigne réellement de l’existence d’un « boulevard d’artillerie ». À l’ouest, sur une autre plate-forme ménagée en contrebas et à l’extérieur de l’enceinte, les Montmorency font élever vers 1130 la première collégiale Saint-Martin.

Il existe une seule représentation figurée de ce qui subsiste du château avant sa disparition complète. Sur un dessin aquarellé, daté de 170865, on y voit deux tours accolées, l’une ronde, l’autre quadrangulaire, entourées par des pans de murs ruinés (probablement vestiges du mur d’enceinte). C’est la seule partie du château restaurée par le connétable Anne de Montmorency au début du XVIe siècle, en raison de sa haute valeur symbolique. Au pied de ces tours, un grand édifice rectiligne, le mur gouttereau percé d’ouvertures en forme de meurtrières, est connu sous le nom de « bastiment des voustes ». Il s’agit du cellier seigneurial, où l’on entrepose les vins récoltés sur les terres des sires du lieu. Une légende tenace voudrait que le château soit également représenté sur l’un des vitraux Renaissance de la collégiale Saint-Martin.

Le terrain a fait l’objet de quelques recherches non scientifiques. Au XIXe siècle, en voulant élargir le chemin qui passe entre la collégiale et l’emplacement de l’ancien château on a mis au jour les substructions d’une tour ronde de 7 m de diamètre. En 1948, lors de la construction du lycée, les entreprises de maçonnerie ont procédé à quelques sondages préalables à l’aide de tranchées qui ont révélé d’importants remblais, mais aucune trace de construction. C’est qu’en fait, l’établissement scolaire a été édifié à l’emplacement de l’ancienne basse-cour66. De 1991 à 2005, une dizaine d’interventions archéologiques ont été réalisées sur la zone de la ville médiévale. Elles ont toutes apporté de nouvelles informations scientifiques, mais les vestiges du château et de la ville médiévale du XIe siècle nous échappent encore totalement67.

L’ancienne église Notre-Dame

Tout juste reconnaissable à ses trois fenêtres en tiers-point, la façade du bâtiment est celle de l’église paroissiale primitive Notre-Dame de Montmorency (à l’angle des rues au Pain et Notre-Dame). Probablement édifiée hors les murs du bourg au XIIe siècle, elle est englobée dans le système de défense reconstruit en 1411. Une porte d’entrée de la ville y est adossée, c’est la porte Notre-Dame. Menaçant ruine en 1630, l’église est provisoirement abandonnée par ses paroissiens qui vont entendre la messe à la collégiale. Désacralisée pendant la Révolution, l’église abrite la première maison communale, puis est vouée à divers usages et devient notamment grange et maison d’habitation. À la fin du XIXe siècle, un amateur d’art gothique orne l’édifice de pastiches en plâtre (les cartes postales anciennes indiquent même une origine templière pour cet édifice, mais il n’en est rien), quelques traces en sont encore visibles ça et là68.

La collégiale de Montmorency

Construite aux frais de la famille de Montmorency, de 1525 à 1563 (date à la voûte de la troisième travée), en plusieurs campagnes, à l’emplacement d’une première collégiale du XIIe siècle qui lui a légué son plan, cette église sans transept, est dotée de trois nefs séparées par des arcades en plein cintre à pénétration et un chœur polygonal. Elle est couverte de voûtes au dessin très varié, avec liernes et tiercerons dessinant des étoiles, des losanges, des cercles, des carrés, etc. Le bas-côté gauche est orné de clés pendantes. Aux clés de voûte et au couronnement des piliers, se voient les armes des Montmorency et de leurs alliances, ainsi que leur fameuse devise « Aplanos » (qui signifie en grec « sans dévier »). La façade nord offre de beaux fenestrages flamboyants et une jolie porte gothique avec décor de grotesques et rinceaux.

Nous connaissons certains noms d’auteurs, en particulier celui de Jean Bullant, qui semble avoir joué un rôle primordial, conduisant la construction de la nef par Pierre Desilles et rendant compte des travaux en 1558 à Philibert de l’Orme. Et aussi celui du charpentier Langogne, auteur en 1521 de la charpente encore en place.

À partir de 1875, l’église est fortement restaurée par Lucien Magne qui la pourvoit d’un clocher, d’une façade et d’une sacristie.

L’ornement le plus célèbre de l’église Saint-Martin est la série de vitraux qui garnissent quatorze fenêtres sur vingt-quatre, de la cinquième travée à l’abside. Douze d’entre eux sont de 1524-1545, et deux de 1563 : ils représentent les différents membres de la famille de Montmorency et leurs saints patrons, compositions un peu archaïsantes dans l’abside, plus évoluées ensuite. Les verrières de la cinquième travée, représentant Anne de Montmorency et ses fils au nord, son épouse Madeleine de Savoie et ses filles au sud, sont particulièrement remarquables : « Œuvres d’une qualité exceptionnelle et documents historiques de premier ordre »69.

Dans les cinq premières travées, au moment de la restauration de Lucien Magne, ont été placées des verrières sur dessin de F.-E. Ehrmann, représentant, d’après documents anciens, d’autres membres de la famille de Montmorency.70

De nombreux nobles polonais ayant trouvé refuge à Montmorency après l’échec de l’insurrection de 1830 (cf. ci-après), la collégiale en conserve le souvenir avec un certain nombre de monuments commémoratifs situés dans la première travée de la nef.

Il s’agit tout d’abord du cénotaphe du sénateur Niemcewicz et du général Kniaziewicz réalisé en 1848 par Ladislas Oleszcynski. Les défunts y apparaissent veillés par un grand ange. Les autres monuments sont un buste d’Adam-Georges Czartoryski, et la plaque commémorant la princesse Czartoryska et la comtesse Iza Dzialynska.

La Fontaine Saint-Valéry

S’agissant sans doute de la plus ancienne de Montmorency, elle est intimement liée à l’histoire de la cité. Mentionnée dans un acte du XIe siècle, qui relate l’installation des premiers seigneurs, elle a été de tout temps propriété communale. Et de 1749 à 1820, elle est l’enjeu des nombreux conflits qui opposent les propriétaires successifs du « parc de Montmorency » aux habitants du bourg. L’adduction en eau potable de la ville la rendra inutile.

La mare des Champeaux

S’élevant à 170 m au dessus du niveau de la mer, le plateau des Champeaux, ou petits champs, offre un superbe point de vue célébré par Jean-Jacques Rousseau. La mare naturelle, formée à son extrémité sud grâce au sous-sol argileux, constitue, tout au long du XIXe siècle, le point de rendez-vous des promeneurs à ânes et des pique-niqueurs. Sa superficie se réduit considérablement dès 1874, la construction du fort voisin ayant crevé la couche imperméable. La mare de Champeaux se situe à l’angle du boulevard Maurice Berteaux et de l’avenue du Repos-de-Diane.La Châtaigneraie

Jadis, la forêt de châtaigniers couvrait la totalité du coteau des Champeaux. L’austère majesté de ces arbres, dont certains datent du XIVe siècle, envoûta Jean-Jacques Rousseau. Au siècle suivant, les sous-bois, agrémentés de deux restaurants, d’une piste de danse et d’un stand de tir, perdirent un peu leur âme. Le classement de la châtaigneraie et la démolition de ces constructions parasites, en 1943, redonnent à ce lieu (route de Saint-Brice) sa sérénité d’antan.

La fontaine des Haras

Le vocable de cette fontaine évoque le nom déformé d’un lieu-dit de Montmorency, le fond d’Arras (ou d’Ara, selon Maurice Gachelin71). Elle doit sa notoriété à madame d’Houdetot. Se rendant à l’Ermitage où Jean-Jacques Rousseau s’est retiré, son carrosse verse et s’embourbe dans le ru qui s’écoule de la fontaine. « Elle voulut descendre et faire le reste du trajet à pied […] Elle enfonçait dans la crotte […] et enfin elle arriva à l’Ermitage en botte… ». La fontaine des Haras se situe à l’angle du chemin des Haras et de la sente de la Fontaine des Haras72.

L’Auditoire

Siège de la prévôté du duché d’Enghien, ce bâtiment néo-classique, surmonté d’un élégant clocheton, que soutient un imposant fronton, est édifié en 1786. Les geôles encore visibles (avec leurs graffitis intérieurs), des prévenus attendant leur jugement témoignent de l’ancienne affectation de cet auditoire transformé en mairie en 1809. En 1906, la Justice de paix y est affectée, comme l’indique la dénomination encore visible sur le fronton, puis la recette-perception, la bibliothèque et enfin, depuis 1996, le tribunal des prud’hommes73.

L’Orangerie du château Crozat

Le Petit château de Montmorency appartint jusqu’à sa mort à Charles Lebrun, puis au financier Pierre Crozat qui fit construire le Grand château près de là, sur le même domaine agrandi, un second château (aujourd’hui remplacé par le château Dino). Les deux édifices ont disparu, mais il en reste une dépendance peu connue : l’Orangerie construite en 1720 sur les dessins d’Oppenord. Ce bâtiment en demi-cercle, décoré de refends, est resté longtemps délabré et médiocrement occupé. Il a été restauré en 1990-1991 et transformé en école de musique74.

Le château du Duc de Dino et l’hôtel Le Laboureur

Il nous reste peu de témoignages des autres châteaux de Montmorency, au nombre de six, de différentes périodes.

L’un deux est le château seigneurial des barons Bouchard de Montmorency. Le connétable Anne de Montmorency l’a complété d’une tour en 1565, à l’époque où la seigneurie est érigée en duché-pairie. Les terrains de ce château ruiné sont vendus en 1675.

Le peintre Charles Lebrun fait édifier le Petit château à Montmorency en 1670, à l’emplacement de l’actuelle avenue du Lac. Il sera démoli en 1792.

Le neveu de Charles Lebrun, le financier Pierre Crozat, hérite du domaine. Sur le même terrain agrandi, il fait construire le Grand château vers 1702-1709 par Jean-Sylvain Cartaud, architecte du duc d’Orléans, qui a déjà réalisé l’hôtel de Pierre Crozat à Paris, rue de Richelieu. Cartaud réalise un bâtiment de deux étages, aux façades scandées de pilastres corinthiens d’ordre colossal et couronné par une balustrade.

Par la suite, la famille de Luxembourg, devenue propriétaire du château, y accueille longuement Jean-Jacques Rousseau. Cette très belle demeure sera détruite en 1818. L’orangerie subsiste (voir ci-dessus). Le domaine est divisé en trois lots. À l’emplacement des communs du château de Pierre Crozat, le banquier Scées élève en 1879 un nouveau château en style néo-Louis XIII. Le duc de Dino, marquis de Talleyrand-Périgord, le termine en 1887. Il donne son nom au château. Le parc du XVIIIe siècle existe encore en partie75.

Enfin, l’ancien hôtel Le Laboureur (place au Pain) a appartenu, aux XVIIe et XVIIIe siècles, à une lignée d’officiers des duchés de Montmorency et d’Enghien, les Le Laboureur. Le plus célèbre d’entre eux, Louis, a en charge l’administration du Baillage. Son domaine est érigé en terre noble et reçoit le titre de fief de Châteaumont. Le prince de Condé lui cède en 1675 la motte féodale, qu’il relie à son fief par un pont enjambant la rue Saint-Victor. Il abrite aujourd’hui le lycée professionnel Turgot.

Le Mont-Louis, la maison des Commères et le musée J.-J. Rousseau

Cette petite maison (5 rue Jean-Jacques Rousseau), ancienne dépendance du château, n’offre qu’une architecture villageoise de bon aloi, et tout son intérêt vient du célèbre séjour que Jean-Jacques Rousseau y effectue, d’avril 1756 à décembre 1757, durant lequel il termine La Nouvelle Héloïse et l’Émile et écrit le Contrat social et la Lettre à d’Alembert.

La demeure primitive a gardé en partie ses dispositions, cuisine et chambre de Thérèse au rez-de-chaussée, chambre du philosophe, avec alcôve aménagée par lui au premier. Au fond du jardin, le « donjon » constitue le cabinet de travail de Rousseau, réaménagé pour lui par le maréchal de Luxembourg.

La maison a été augmentée d’une aile au XIXe siècle. Vers 1990, la ville de Montmorency a acquis, pour en faire une annexe du musée, la demeure voisine (4 rue du Mont-Louis), que Thérèse et Rousseau appelaient « la maison des commères » parce que, de ses deux fenêtres, deux prêtres jansénistes les épiaient. En 1991, la direction du musée s’est efforcée de reconstituer l’intérieur du Mont-Louis tel que l’avait connu Rousseau76.

Château Rey de Foresta – Hôtel de Ville

À l’extrémité sud-est d’un domaine de 13 hectares, Nicolas Goix, riche bourgeois de Paris, fait édifier un bâtiment de plan carré, couronné par un étage en attique, en mai 1789 (selon G. Poisson, l’attique a été rajouté après 1870). Acquis successivement en 1825 par Antoine Versepuy, puis en 1831 par Joseph Moreno de Mora77 et enfin en 1859 par Émilien Rey de Foresta, le domaine, loti à partir de 1862, est à l’origine d’un nouveau quartier structuré par de larges avenues. Acheté en 1905 par la Ville, le château (Avenue Foch) accueille les services municipaux à partir de 190678.

L’édifice se présente comme un volume cubique, qui semble de style néo-classique, mais particulièrement chargé, sorte de Louis XVI exacerbé qui pourrait dater d’une époque plus proche. Ses quatre niveaux sont chargés d’un décor très abondant, fait d’éléments architectoniques, frontons, refends, pilastres, et de motifs sculptés de qualité d’ailleurs moyenne.

D’intéressants décors intérieurs du début du XIXe siècle ornent le hall d’entrée79. Deux fresques superposées habillent le mur du premier palier, d’où s’élance un escalier à double révolution. La fresque inférieure, un bouquet de fleurs placé dans une fausse niche en plein cintre, est surmontée d’une pergola en trompe-l’œil qui ouvre sur un paysage italien80.

L’auberge du Cheval Blanc et la place Roger-Levanneur

Cette ancienne Place du Marché, entourée de maisons pour la plupart du XIXe siècle, à l’exception de son côté sud, est toujours actuellement un lieu de rencontre animé, principalement lors des marchés du mercredi et du dimanche matin. À l’angle de la rue de Pontoise et de la Place, l’auberge du Cheval Blanc, est fondée en 1739. La Monarchie de juillet la rendra célèbre grâce, notamment, à son enseigne ornée de chevaux peints par Isabey81 et Gérard. Restaurée, cette dernière fait partie des collections du musée Jean-Jacques Rousseau82.

Cette place, véritable cœur de ville, doit son nom à un jeune résistant, Roger Levanneur, qui, lors de la libération de la ville, en août 1944, est arrêté par les Allemands et torturé à mort.

L’Hôtel Bertheroy

Romancière à succès, Berthe Clorine Jeanne Le Barillier (1858-1927) produit, de 1887 à 1927, une cinquantaine de romans « antiquisants », historiques, mais aussi modernes, sous le nom de Jean Bertheroy. Se voulant proche de Jean-Jacques Rousseau et d’André-Modeste Grétry, elle fait édifier en 1891 une villa dans le style italien, face à l’Ermitage (5 rue de l’Ermitage). Première présidente du prix Fémina, elle reçoit la Légion d’honneur et milite pour l’amélioration de la condition féminine83.

Le fort de Montmorency

Les trois forts du plateau des Champeaux – Montmorency, Domont et Montlignon – font partie de la troisième ligne de défense prévue autour de Paris au lendemain de 1871. Quel que soit l’angle d’approche, l’ennemi se trouve sous le feu d’au moins deux de ces forts. Leur construction, entre 1874 et 1880, est facilitée par la mise à disposition du chemin de fer industriel des Champeaux. Lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, les forts doivent être modernisés pour parer aux progrès de l’artillerie. Leur rôle s’avère finalement secondaire, l’ennemi restant contenu à hauteur de Luzarches. Durant le second conflit mondial, ils sont surmontés de batteries antiaériennes et servent de dépôts de munitions. De nos jours, le fort de Montmorency, sans plus aucune valeur stratégique, est affecté à l’armée de l’air84.

%%%%%%%%%%

ILS ONT HABITÉ MONTMORENCY

Jean-Jacques Rousseau, philosophe et musicien

(Genève 1712 – Ermenonville 1778). De famille française huguenote émigrée en 1550, fils d’un horloger capricieux et instable, il coûte, en naissant, la vie de sa mère. Le père, après s’être mal occupé de lui, part en le confiant, à dix ans, au pasteur Lambercier. Une étude de greffier, un atelier de graveur ne retiennent pas longtemps l’adolescent aventureux, qui, un soir de promenade, trouvant fermées les portes de la ville (1728), est hébergé par un curé de Savoie. Celui-ci l’envoie à Annecy chez Mme de Warens, jeune femme vaudoise, qui, convertie depuis peu, dirige son protégé sur l’hospice des catéchumènes de Turin, où il se convertit pour en sortir. Laquais malhonnête, séminariste sans vocation à Annecy (1729), engagé dans la maîtrise de la cathédrale, il suit à Lyon le maître de chapelle, l’y abandonne, repart pour Fribourg, Genève, Lausanne, Neuchâtel, où il séjourne pendant l’hiver 1730-1731, suit un aventurier à Berne, échoue à Paris. Il revient à pied – par nécessité et par goût – chez sa protectrice de Chambéry (1732). C’est la délicieuse période des Charmettes, maison de campagne aux portes de la ville, où, auprès d’une « maman » facile et adorée, il élargit sa culture, affine sa sensibilité. Mais, au retour d’un voyage de santé à Montpellier (1740), il se trouve remplacé comme amant par le factotum. Précepteur insuffisant des enfants de M. de Mably, prévôt général du Lyonnais, il reprend la route pour Paris (1741). L’Académie ayant refusé son nouveau système de notation musicale, il suit à Venise M. de Montaigu, ambassadeur de France (1743), se brouille avec lui, revient à Paris (1744), fait applaudir chez le financier La Popelinière son opéra les Muses galantes (1745), en retouche un de Voltaire et de Rameau, les Fêtes de Ramire, devient secrétaire de Mme Dupin, femme d’un fermier général, qui le présente à Mme d’Épinay. Les salons s’intéressent à lui. Diderot, avec qui il a lié amitié, lui demande des articles sur la musique pour l’Encyclopédie. Son Discours sur les sciences et les arts (1750), couronné par l’académie de Dijon, lui vaut la gloire, qu’accroît sa singularité. Car, pour accorder sa vie à ses principes, il renonce à son emploi, s’habille de bure, se loge dans une mansarde, gagne sa vie à copier de la musique et refuse les avantages officiels que pourrait lui assurer son opéra le Devin de village (1752) et sa comédie Narcisse (1753). Il affiche sa liaison avec une servante d’auberge Thérèse Levasseur, dont il aura cinq enfants, déposés aux Enfants-Trouvés – si du moins on s’en tient à son propre témoignage des Confessions.

Redevenu citoyen de Genève et calviniste (1754), il continue à étonner par son Discours sur l’origine de l’inégalité (1755). À l’Ermitage de Montmorency, pavillon offert par Mme d’Épinay près de son château de la Chevrette à Deuil, en forêt de Montmorency, il commence dans la paix de la nature à méditer son œuvre future. Mais, après dix-huit mois, sa passion sans espoir pour Mme d’Houdetot, belle-sœur de Mme d’Épinay, les impatiences de Thérèse et de sa mère, qui détestent la campagne, les indiscrétions de Diderot et de Grimm, amant de Mme d’Épinay, tout ceci aggravé par sa susceptibilité et ses crises de vessie, le brouillent avec son hôtesse (1757). Non loin de là, dans un pavillon du maréchal et de la maréchale de Luxembourg85, il achève la Lettre à d’Alembert sur les spectacles (1758), où il défend sa ville natale contre Voltaire aspirant à la pourvoir d’un théâtre, et il travaille aussi aux trois grands ouvrages fondamentaux qui doivent prouver que sa philosophie peut trouver ses applications dans la société de son temps. Ce sont : Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), roman de passion et de vertu, grand succès de larmes, Du contrat social (1762), traité politique, l’Émile (1762), roman pédagogique, que sa partie religieuse fait condamner au feu par le parlement. Pour ne pas être arrêté, l’auteur passe en Suisse. De Môtiers-Travers, il se défend contre l’archevêque de Paris (Lettre à Christophe de Beaumont, 1763), contre le Grand Conseil de Genève (Lettres de la Montagne, 1764), contre Voltaire, auquel il a déjà (1756) adressé sa Lettre sur la Providence. Chassé de cette retraite, il passe deux mois exquis dans l’île de Saint-Pierre, au milieu du lac de Bienne (1765). Puis, par Strasbourg et Paris, il gagne l’Angleterre, où il se brouille bientôt avec son introducteur, le philosophe Hume (1766). Il revient en France (1767), où, en proie à la folie de la persécution, il erre de Gisors à Lyon et dans le Dauphiné, avant de regagner Paris (1770). Revenu à la musique, dont il a publié un Dictionnaire (1767), il copie des partitions dans son modeste logis de la rue Plâtrière (l’actuelle rue J.-J. Rousseau), d’où il descend pour quelques sorties dans la campagne avec son disciple Bernardin de Saint-Pierre. Entre deux projets de réformes politiques pour la Corse (1765) et la Pologne (1772), il rédige, en réponse à l’hostilité persistante des encyclopédistes, les Confessions (publiées en 1782-1789), les Trois Dialogues (Rousseau juge de Jean-Jacques) [1789]. Enfin, renonçant à polémiquer, il ne compose que pour lui seul ses Rêveries du promeneur solitaire (1782). Décédé subitement à Ermenonville chez son dernier hôte, le marquis de Girardin86, il y est inhumé, selon son désir, dans l’île des Peupliers, avant d’être honoré du Panthéon (1794)87.

Une statue de Jean-Jacques Rousseau, érigée en 1962, située au rond-point de l’avenue Émile, cette sculpture en pierre, due au marteau d’Hélène Gustala, remplace une statue en bronze, œuvre du sculpteur Louis Carrier-Belleuse88, inaugurée en 1907, enlevée par l’occupant en 1942, puis fondue. Le plâtre original est conservé au Musée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency.

Charles Le Brun, peintre officiel et châtelain

(Paris 1619 – Paris 1690). Élève de son père, Nicolas Le Brun, maître sculpteur, puis de François Perier, l’un des premiers « romanisants », il est envoyé par son protecteur, le chancelier Séguier, à Rome (1642), pour y passer trois ans. Il y étudie les monuments antiques, copie Raphaël et consulte Nicolas Poussin, son maître. Il revient en France (1646) et prend une part déterminante à l’institution de l’Académie royale de peinture et de sculpture (1648). L’arrêt du 6 février 1663 la constitue en séminaire des artistes employés à la décoration des maisons royales, et Charles Le Brun, son directeur élu, en prend la charge entière. Il l’exerce en pratique, en vertu de l’office de premier peintre de la Couronne, dont, à l’instigation de Colbert et sur l’avis de Mazarin mourant, le roi l’a investi en 1662. Bientôt, le 6 mars 1663, Louis XIV lui confie la Manufacture royale des meubles de la Couronne, installée aux Gobelins, pour produire non seulement les tapisseries de tenture, mais les ébénisteries précieuses, les orfèvreries, les mosaïques.

Le Brun, malgré ses fonctions absorbantes, trouve encore le loisir de dessiner pour la manufacture de multiples compositions. Sa prodigieuse fertilité émerveille les contemporains. Il a montré ses facultés d’organisateur dès 1658, lorsque Nicolas Fouquet l’a appelé, non seulement à décorer le château de Vaux-le-Vicomte, mais à créer une manufacture de tapisseries. Il s’agit de l’atelier de Maincy, pour lequel Le Brun dessine ses premiers cartons, notamment ceux des Muses, et dont il organise les magasins, les logements, une infirmerie, préfiguration des Gobelins. Il lui revient de déterminer un style officiel, auquel contribue tout un organisme : l’enseignement pratique dispensé par l’Académie royale répand une certaine conception stylistique, déduite de l’antique amendé par le raphaélisme. Le Brun le fait confirmer aux Gobelins même par l’école de dessin que dirige le fidèle disciple Louis Licherie. En vue d’assurer son unité, Colbert fonde à Rome, en 1666, une Académie de France, où les lauréats du concours académique annuel iront compléter leur culture, trois ou quatre ans durant. L’Académie royale, sous l’inspiration du premier peintre, juge, récompense et, par conséquent, dirige cet enseignement. Le Brun lui-même en a précisé les principes : ils consistent essentiellement à corriger les « imperfections » de la nature, en vertu d’un certain canon de beauté, établi d’après les chefs-d’œuvre de la Grèce et de Rome. Le Brun développe sa méthode : devant la nature, il est direct et passif, il dessine ce qu’il voit. Mais ensuite, à loisir, et selon les comparaisons qui permettront de conférer à ses figures les proportions de l’Hercule Farnèse ou de la Vénus de Cnide, il modifie, il améliore dans le sens arbitrairement choisi. Cette doctrine ne l’empêche pas de dessiner certains portraits de la Cour avec une fermeté magistrale. Mais elle contient la menace de la banalité, qui amènera la fin du « poussinisme » et l’avènement des « rubénistes », qui assombrira les dernières années du premier peintre.

Depuis la mort de Colbert, en 1683, l’ancienne bienveillance de Louis XIV masque mal la semi-disgrâce où le place l’autorité de Louvois, qui pousse Mignard. Charles Le Brun, qui décore, avec Le Sueur, l’hôtel Lambert (1649) et travaille à Fontainebleau (toiles sur des sujets tirés de l’histoire d’Alexandre), au Louvre (galerie d’Apollon), à Versailles (escalier des Ambassadeurs, galerie des Glaces, salons de la Guerre et de la Paix), à Marly et à Sceaux, est largement représenté au Louvre, à Versailles, aux musées d’Angers, Berlin (Portrait de Jabach), Caen, Chantilly, Dijon, Dresde, Fontainebleau, Genève, Grenoble, Lille, Troyes, etc. Il meurt en 1690 aux Gobelins. 89

Le peintre de Cour à Montmorency

En plus des nombreuses résidences qu’il possède à Paris et à Versailles90, Charles Le Brun loue depuis 1667 une résidence de campagne à Montmorency. Il est vraisemblable que Le Laboureur, bailli des princes de Condé, soit à l’origine de ce choix. En 1670, il décide d’acheter une terre au lieu-dit les Clozaux, emplacement aujourd’hui recouvert par la bordure de la place qui porte son nom (place Charles Le Brun), par le boulevard de l’Orangerie, de création postérieure, et enfin par une partie du parc du château de Dino. Avec l’accord des autorités de l’époque, il procède à des aménagements d’intérêt local (un abreuvoir, pour les habitants, en l’occurrence). En 1673, il agrandit sa propriété jusqu’à la rue des Granges actuelle. Avec l’accord du duc de Condé , seigneur du lieu, il déplace la rue Saint-Denis, qui trouve de ce fait son tracé actuel. En possession de la surface définitive de son bien, il ne lui reste plus qu’à édifier des bâtiments, ce qu’il fait entre 1670 et 1675.

Charles Le Brun se fait construire un domaine fastueux, à Montmorency, une élégante demeure, le Petit Château, entourée d’un magnifique domaine avec jardins, fabriques, grottes, fontaines et bosquets. Il a le goût des grandeurs et organise de grandes réceptions. Il y accueille tout ce que la Cour compte de hauts personnages, dont l’illustre Bossuet, Fénelon, le prince de Condé.

Nous disposons de gravures de Silvestre pour nous éclairer sur l’aspect extérieur de l’édifice et pour l’intérieur, de l’inventaire après décès, de son mobilier.

Il se retire à Montmorency après la mort de Colbert, en 1683, et continue à y travailler jusqu’à son propre décès en 169091.

 

André Grétry, compositeur

André-Modeste Grétry, compositeur liégeois (Liège 1741-Montmorency 1813). Il apprend la musique essentiellement en fréquentant les spectacles donnés par les troupes de comédiens et de chanteurs italiens. Il travaille la composition avec Henri Moreau, maître de musique de Saint-Paul. Une « symphonie » lui vaut une bourse de la fondation Darchis, créée en 1699 pour permettre à de jeunes artistes liégeois d’aller parfaire leur formation à Rome. Grétry part en 1759. À Rome, Casali, maître de chapelle de Saint-Jean-de-Latran, lui fait recommencer ses études musicales et, après deux années, lui conseille de passer l’examen à l’Accademia dei Filarmonici de Bologne. Il y fait la connaissance de Martini, qui l’apprécie. Grétry admire Piccinni et surtout Pergolèse, et compose pour le carnaval romain de 1765 les Vendangeuses. À cette époque, il écrit également des symphonies. Il quitte Rome en 1766, s’installe à Genève, où il entend pour la première fois des opéras-comiques chantés en français, et écrit la musique d’une comédie de Favart, Isabelle et Gertrude. Il part ensuite pour Paris, persuadé qu’il peut égaler les succès de Philidor, Duni, Monsigny. Sa première œuvre pourtant, les Mariages samnites, est un désastre. La musique de Rameau le rebute. Aussi est-ce au théâtre qu’il va étudier la déclamation française. Dès 1769, il trouve le secret d’un genre qui plaît aux français : un beau chant expressif, dont la courbe mélodique épouse l’accent des paroles, reléguant là où la « raison » peut les admettre, les « roulades », les cadences et les ornements à l’italienne. L’Ingénu ou le Huron est la première de ses nombreuses réussites.

Grétry épouse une jeune artiste lyonnaise, Mlle Grandon, dont il a trois filles, mortes jeunes. La Révolution lui apporte des thèmes qui ne l’inspirent que médiocrement : Denys le Tyran (1794), la Rosière républicaine ou le Despotisme monacal découvert par les sans-culottes. Sa veine musicale se tarit et Grétry se fait penseur, philosophe et écrivain. Il publie en 1789 le premier volume de ses Mémoires et, en 1797 les deux derniers. Il est aussi l’auteur de Réflexions d’un solitaire, à l’instar de Jean-Jacques Rousseau. Parmi ses œuvres dramatiques innombrables, on peut citer Lucile (1769, livret de Marmontel), le Tableau parlant (1769, sur un livret de Anseaume), Sylvain, Zémire et Azor, Aucassin et Nicolette (1779), Richard Cœur de Lion (1784, d’après un livret de Sedaine92), Guillaume Tell (1791)93. C’est à l’âge de cinquante-sept ans, en 1798, qu’il arrive à Montmorency, où il vit principalement à l’Ermitage, jusqu’à sa mort en 1813.

Un « monument Grétry », inauguré en 1911, situé à l’angle de la rue Grétry et de l’avenue Georges Clémenceau, rend hommage au compositeur franco-belge le plus adulé de sa génération. Propagateur génial d’un genre nouveau, l’opéra comique, André-Modeste Grétry est comblé d’honneur, pensionné sous l’Ancien régime, la Révolution le nomme membre de l’Institut dès sa création et l’Empire le fait membre de la première promotion de la Légion d’honneur.

 

Heinrich Heine

Heinrich (en français Henri) Heine est un écrivain allemand (Düsseldorf 1797-Paris 1856). Né de parents juifs sans fortune, il doit aux subsides d’un oncle, riche banquier de Hambourg, de pouvoir poursuivre des études de droit à Bonn, à Göttingen, à Berlin. C’est à Bonn (1819-1820) qu’un de ses professeurs, A. W. Schlegel, l’initie au romantisme, tandis qu’en 1821, à Berlin, il subit l’influence de Hegel. Dès cette époque le caractère instable de Heine se manifeste, en même temps que des dons littéraires incontestables, qui se révèlent dans Lettres de Berlin (Briefe aus Berlin), qu’il adresse, de janvier à juin 1821, à un journal rhénan, et surtout dans ses Poèmes (Gedichte), qui paraissent en décembre 1821. Puis en 1823, il publie son Intermezzo lyrique (Tragödien nebst einem lyrischen Intermezzo), où à la plupart des thèmes romantiques traditionnels se mêle déjà cette ironie qui transparaîtra dans la plupart de ses œuvres ultérieures. Cet Intermezzo accompagne deux tragédies, Almanzor et Ratcliff, qui représentent les seuls essais dramatiques de Heine. Revenu à Hambourg (1823), il y tombe amoureux de sa jeune cousine Thérèse, qu’il forme le projet d’épouser, malgré l’indifférence qu’elle lui témoigne. Aussi retourne-t-il à Göttingen pour y terminer ses études, et, son doctorat obtenu, il s’y fait baptiser (1825). En vain, car Thérèse en épousera un autre, en 1828. De cette période date un mûrissement du talent de Heine, visible dans son nouveau roman en vers, le Retour (Die Heimkehr) [1823-1824], tout imprégné de l’atmosphère de Hambourg, tandis que la mer du Nord et un séjour dans l’île de Norderney lui inspire un nouveau cycle lyrique, Die Nordsee (1825-1826). Vers la même époque (1824), les impressions qu’il a recueillies au cours d’un voyage dans le Harz constitue la matière de Die Harzreise. Ces différentes œuvres forment le Livre des chants (Das Buch der Lieder), publié pour la première fois en 1827 et dont Heine donnera, en 1844, une édition complète, comprenant les Poèmes de 1822, repris sous le titre de Jeunes Souffrances (Junge Leiden), l’Intermezzo, le Retour, le Voyage dans le Harz et la Mer du Nord. De cette édition de 1827 date la célébrité de Heine, qui, après le succès de Die Harzreise, donne à ses Images de voyage (Reisebilder) plusieurs suites, entre 1826 et 1831, inspirées par divers séjours en Italie et en Grande-Bretagne. Dans ces volumes, Heine expose ses idées politiques, empreintes de libéralisme, ce qui lui vaut d’être censuré dans beaucoup d’États allemands. Aussi la révolution de 1830 est-elle pour lui l’occasion de passer en France. Il arrive à Paris en mai 1831 et, désormais, ne quittera plus la France. Accueilli avec faveur par les milieux littéraires, il consacrera une bonne part de son activité à créer un courant de sympathie intellectuelle entre la France et l’Allemagne. Ces efforts apparaissent dans les articles sur la France qu’il adresse à la Gazette universelle d’Augsbourg, et qu’il réunira en volume sous le titre de Französische Zustände (1832) et dans De l’Allemagne (1834), étude littéraire publiée en français.

Désormais intégré à la vie française, il publie Atta-Troll en 1843, Allemagne, conte d’hiver (Deutschland, ein Wintermärchen), en 1844. La même année, il fait éditer un recueil de Nouveaux Poèmes, comprenant notamment des Romances (Romanzen) et des poèmes « engagés » (Zeitgedichte), écrits sous l’influence des théories de Karl Marx, avec lequel il s’est lié94. Les progrès de la maladie qui finira par l’emporter, après l’avoir condamné à l’immobilité pendant huit ans, de 1848 à 1856, lui inspirent encore quelques poèmes remarquables, réunis en 1851 dans le Romanzero.

Dernier des grands romantiques allemands, poète apprécié dès sa jeunesse, Heine a estimé (si l’on en croit son testament de 1851) que sa grande œuvre a été de favoriser une meilleure connaissance entre la France et l’Allemagne. Effectivement, son action n’a pas été inutile. Mais il reste surtout, aujourd’hui, comme l’auteur inspiré de quelques poèmes magnifiques et célèbres : la Lorelei, les Tisserands de Silésie95.

Henri Heine s’installe, pendant sa maladie, mais avant sa paralysie, entre 1845 et 1847, rue de la Châtaigneraie à Montmorency96.

 

La Société polonaise de Montmorency

Suite à l’insurrection polonaise de 1830-1831, environ 6 000 personnes, qui ne peuvent se résoudre à vivre sous le régime russe prennent le chemin de l’exil. La région parisienne, dont Montmorency, accueille l’élite sociale et intellectuelle, plutôt modérée.

En 1832, cette élite crée la Société littéraire, qui se donne comme premier président le prince Adam Czartoryski et rassemble d’éminentes personnalités. Intervient ensuite, en 1838, l’acte de fondation de la Bibliothèque polonaise qui, en 1853, s’installe à l’hôtel Lambert au 6 quai d’Orléans dans l’Île Saint-Louis. 1854 voit la création de la Société historique et littéraire, dont le prince Adam Czartoryski est le président et Adam Mickiewicz, le vice-président.

Charles Kniaziewicz habite à Montmorency une belle maison, située à la lisière de la forêt, d’où il jouit d’une très belle vue sur la vallée. Son violon d’Ingres est la peinture et l’un de ses tableaux représentant la colline de Montmorency où l’on aperçoit la collégiale avec, au premier plan, le lac d’Enghien, est exposé au Musée Adam Mickiewicz, dans les locaux de la Bibliothèque polonaise.

Il reçoit beaucoup et, ce qui ne gâte rien, son excellente cuisinière lui assure une bonne table. Son souci premier est d’aider ses compatriotes émigrés, qu’il accueille généreusement. Très vite, ceux-ci connaissent le chemin de sa demeure. C’est ainsi que Montmorency devient un lieu de rendez-vous de l’émigration polonaise.

Presque chaque jour, des personnalités viennent dans sa retraite : ce sont d’anciens ministres, des diplomates ou des militaires, vétérans de l’armée de Kosciuszko, des légions polonaises ou encore des combattants plus jeunes de l’insurrection. Viennent aussi des artistes : le sculpteur Ladislas Oleszcynski, le baron Gros, auteur du beau portrait de Niemcewicz, les grands compositeurs, Hector Berlioz et Frédéric Chopin. Ce dernier s’est fixé à Paris en 1831 (à 21 ans) et est très intégré à la haute société, qui se dispute ses leçons. Il fait au moins deux séjours à Montmorency en 1835 et 1837. On peut penser que George Sand l’accompagne. C’est pendant ces quelques années qu’il compose une grande partie de son œuvre musicale.

Adam Mickiewicz est présent également avec sa jeune femme. Le grand poète, qui a écrit en 1830 les célèbres vers « À la mère polonaise », vient de publier à Paris « Le livre de la nation et les pèlerins polonais » (1832) et « Pan Tadeusz » (1834), grande épopée moderne. Il sera titulaire, grâce au soutien du prince Czartoryski, de la chaire de littérature slave au Collège de France de 1840 à 1844 et ses cours obtiendront un immense succès.

Deux autres poètes célèbres font aussi partie de cette société cultivée. Zygmunt Krasinsky, et Julius Slowacki. Le premier est connu sous le nom de poète anonyme de la Pologne car le nom de son père, général dans l’armée russe, est honni des patriotes polonais. Son œuvre majeure, « La Comédie non divine », est en partie inspirée par l’insurrection polonaise. Le second représente la face baroque du romantisme polonais à l’opposé du classicisme romantique d’Adam Mickiewicz. Il écrit ses grandes œuvres historiques et philosophiques, Kordan (1834) et le Roi-Esprit (1847), dans l’intervalle de quinze ans et meurt en 1849.

N’omettons pas, enfin, la comtesse Potocka, surnommée « La muse des romantiques », qui tient salon. Elle est l’amie de Chopin et l’inspiratrice du poète Krasinsky, dont une poésie sera gravée sur sa tombe.97

Une chapelle des Polonais, avec un très beau cénotaphe, est réalisée en 1848 dans la collégiale Saint-Martin. Cette chapelle, richement décorée, disparaîtra malheureusement à la fin du XIXe siècle à la suite de la transformation de la façade par Lucien Magne. Seuls subsisteront les gisants et l’ange ainsi que les plaques de marbre98. Le général Kniaziewicz et le conseiller Niemcewicz sont inhumés dans le cimetière de Champeaux.

Un premier pèlerinage au cimetière de Champeaux est fondé en 1843 et son 150ème anniversaire a été célébré en 1993 à Montmorency. Il se poursuit de nos jours99.

 

La tragédienne Rachel

Elisabeth Rachel Félix, dite Mlle Rachel, naît à Mumpf, canton d’Argovie, en Suisse, en 1821 et décède au Cannet en 1858. Choron la remarque, chantant à dix ans dans les rues de Lyon, et l’admet à son école de musique religieuse. Mais elle perd sa voix, et suit alors les leçons de Saint-Aulaire, acteur médiocre, mais excellent professeur. Puis elle entre au Conservatoire, et est engagée au Théâtre Français, où elle débute le 12 juin 1838 dans Camille d’Horace. Dès lors, chacun des rôles de Rachel connaît un vrai triomphe : Émilie, Hermione, Monime, Roxane, Esther, Pauline, Chimène, Phèdre, Bérénice, Athalie ; Lucrèce, de Ponsard ; Adrienne Lecouvreur, de Scribe et Legouvé ; Tisbé d’Angelo. Nommée sociétaire en 1842, Rachel rompt son contrat en 1849, pour redevenir pensionnaire. Après de multiples et triomphales tournées en Europe, elle part pour l’Amérique (1855), puis pour l’Égypte (1856). Après cette dernière tournée, elle se retire du théâtre. Quelques-uns ont refusé à Rachel la tendresse et le don des larmes. Mais tous ont admiré l’expressive beauté de son masque, l’harmonie de son geste, sa voix profonde et pénétrante100.

Sa santé délicate l’amène à Montmorency, rue de la Châtaigneraie, pour une cure de repos et d’air pur. Elle décède en 1858, âgée seulement de 37 ans.

 

Julien Ponsin

La biographie de la famille d’architectes montmorencéens, les Ponsin, a été écrite par un ami de la famille, Paul Bienfait, en 1944, manuscrit conservé aux archives du musée Jean-Jacques Rousseau101.

Julien-Louis Ponsin, architecte et historien de Montmorency (Montmorency 1846 – id. 1914). « Né à Montmorency le 24 mai 1846 au 2 rue Grétry (aujourd’hui n° 6). Après de bonnes études classiques, Julien Ponsin entra à l’École des Beaux-arts de Paris, dans l’atelier de l’architecte André où il fut le condisciple de Lalon, Deglane, Lambert, etc. et d’où il sortit avec le diplôme d’architecte. Lorsqu’alors, il disposait de quelques loisirs, il fréquentait à Saint-Gratien, la maison d’un ami de son père (Alphonse), Charles Blanc (1813-1882). Charles, frère de Louis Blanc, était un critique d’art, professeur d’esthétique au Collège de France, membre de l’Académie des Beaux-arts, et l’un des quarante de l’Académie Française.

Julien rencontrait là tous les artistes et littérateurs de l’époque, et parmi eux, Louis Blanc, Champfleury, Alexandre Dumas père pour lequel il étudia un projet de villa…etc. et c’est à cette école qu’il reçut son éducation artistique qui était grande. Ce fut ainsi Charles Blanc qui le maria. Le maître était lié avec un sculpteur de grand talent, Albert Carrier de Belleuse, dit « Carrier-Belleuse » qui avait huit enfants, cinq filles et trois fils. L’une de ses filles, Henriette, artiste peintre, exposait chaque année au Salon. « Ne marie pas Henriette ! Je lui élève un mari !… Tu verras ». Et l’on vit, en effet, en 1875, à Sèvres où Carrier-Belleuse était directeur artistique de la Manufacture nationale de porcelaine, le mariage de Julien Ponsin, architecte, avec Henriette Carrier de Belleuse. Le jeune ménage s’installa à Montmorency, rue Grétry, et eut deux enfants : Louis-Octave (1877-1944) et Marie-Louise Théophile (1882-1924).

[…] La vie de Julien Ponsin et de sa famille, s’écoula presqu’entièrement avenue de Foresta, d’abord au n° 11, maison construite par le jeune architecte pour son beau-père Carrier-Belleuse, puis au n°1 que Julien Ponsin construit pour lui-même. Vers 1882, où il eut son bureau d’architecte et l’atelier de sa femme, Mme Ponsin y ouvrait un cours de peinture que fréquentèrent nombre de jeunes filles de la région. Lui, établissait des projets, construisait nombre de villas dans la Vallée, et en particulier, à Montmorency. Il collaborait avec l’architecte Cuvillier, à la construction du château de Léopold Scées, qui fut achevé plus tard pour le duc de Dino. Il était l’architecte de la ville de Montmorency, des communes de Groslay, Deuil, Écouen, Sarcelles, Saint-Brice, Montmagny, Eaubonne, où il savait souvent se rendre à pied.

Pendant la guerre de 1870-1871, il avait servi comme sergent-major dans la 8e compagnie du 3e bataillon des mobiles de Seine-et-Oise, commandée par le capitaine Sueur-Fauchon. Plus tard, il fut membre de la Société centrale des Architectes de France, et de la commission de la Série (sic) des [de la commission des] Antiquités et des Arts de Seine-et-Oise, délégué cantonal pour le canton de Montmorency, conseiller municipal de cette ville, de mars à mai 1896, fonction qu’il dut abandonner parce qu’incompatible avec son titre d’architecte de la ville, expert auprès des tribunaux, enfin, fondateur avec Alphonse Badin du musée J.-J. Rousseau, puis conservateur de ce musée à la mort de Badin.

[…] Enfin, il aimait passionnément [l’histoire de] sa ville natale, Montmorency. Il rectifia et compléta la carte de la forêt (et de la Vallée) de Montmorency établie par son père (Alphonse), et, au cours des vingt dernières années de sa vie, piocha l’histoire de sa ville, faisant de fréquentes visites à la Bibliothèque nationale, au[x archives du] musée [Condé] de Chantilly, aux Archives de Seine-et-Oise, consultant tous les ouvrages écrits sur la région, réunissant tous les documents : cartes, dessins, gravures, lithographies, qui parurent sur la contrée. En 1902, il présenta son travail à la commission du prix Comartin, prix décerné tous les deux ans à l’auteur d’un travail historique ou archéologique sur une commune de l’arrondissement de Pontoise. Ce prix lui fut attribué.

[…] On eut écrit une histoire de Montmorency documentaire et pittoresque si l’on était parvenu à sténographier une série de ses conversations […]. Il nous reste pourtant de lui quelques uns des nombreux articles qu’il signait « Un vieux de Montmorency » dans le journal « La Tribune » de Longuet. Plusieurs de ces articles ont été réunis, sans nom d’auteur, dans la « Revue illustrée des communes de France » publiée sur Montmorency en 1909 à Paris, 35 rue Etienne Marcel. Quelques autres figurent au musée J.-J. Rousseau à Montmorency.

[…] En juillet de 1914, Julien Ponsin qui n’avait que 67 ans mais était de santé fragile, tomba malade et s’affaiblit très vite. Il connut la déclaration de guerre le 2 août, et le 20 de ce même mois, il s’éteignit doucement, dans sa maison du 1 avenue Rey de Foresta, entouré de sa femme et de ses deux enfants ».

Cette biographie écrite par Paul Bienfait, en 1944, a été l’objet en 2008 d’une étude critique de ce manuscrit avec les sources disponibles, réalisée par Jean-Charles Lefebvre, ce qui permet de mieux approcher la vérité de ce texte, témoignage savoureux et plein d’affection pour la famille Ponsin, dont nous n’avons retenu que la partie concernant l’architecte et historien de Montmorency, Julien-Louis Ponsin102.

ANNEXES

Nous nous proposons, dans les annexes qui suivent, montrer quelques domaines où les substantifs Montmorency ou Montmorencien sont devenus éponymes de sites, ce qui est le cas en géologie, avec la meulière de Montmorency, mais également en préhistoire, avec le faciès du Montmorencien. Nous évoquerons en outre la découverte à Montmorency de bois fossile de séquoia, datant de 35 000 ans.

Géologie : la meulière de Montmorency

Dans l’histoire géologique du Bassin parisien, durant l’ère Tertiaire, à l’Oligocène, la mer stampienne (entre 35 et 22 millions d’années) se retirant laisse la place à des lacs dans lesquels se déposent des argiles aujourd’hui partiellement meuliérisées : la meulière de Montmorency, qui a été entièrement érodée à Paris même, mais qui forme encore l’entablement des buttes témoins et plateaux environnants (Mont-Valérien, plateau de Meudon-Vélizy, butte de Cormeilles, massif de Montmorency). Il s’agit d’une roche siliceuse beige, d’aspect caverneux plus massif, à cassure conchoïdale, mélangée à de l’argile grise plastique. Elle renferme des Mollusques lacustres : Potamides lamarcki (Potamides), Limnaea inflata (Limnées), Planorbis cornu (Planorbes) et des oogones de Chara (organes reproducteurs de plantes d’eau douce voisines des Algues. Ils ont la dimension d’une tête d’épingle).

À Clamart, cette formation est représentée par 5 m d’argile jaunâtre ou rougeâtre, parfois gris très pâle, avec des rognons de meulière103. À Montmorency, des calcaires silicifiés passant à des meulières compactes forment des entablements étendus, généralement altérés à leur sommet en une argile de décomposition : l’argile à meulières, couronnant les grands plateaux. Ils sont bien développés dans le massif de Montmorency, où le type a été pris, et dépassent 6 m d’épaisseur à Montmorency, Domont, etc.104.

La meulière compacte ou caverneuse de Montmorency qui surmonte ces buttes témoins, et dont les gisements ont été quasiment épuisés par la création de nombreuses « rocailles » de grottes, cascades, ponceaux, fabriques dans les parcs et jardins des châteaux et des grandes maisons bourgeoises des XVIIIe et XIXe siècles, par les constructions pavillonnaires intensives de ces deux derniers siècles, roche qui donne son caractère si particulier à l’habitat valmorencéen ancien.

Paléontologie : les bois fossiles de Montmorency

Les bois lignifiés sont parfois découverts dans le Quaternaire (1,8 Ma. à nos jours) du Bassin parisien. Citons les troncs de Montmorency trouvés en 1963, lors des travaux de construction de la piscine. L. Honnorat, ingénieur des Mines, relate ainsi cette découverte :

« Les sondages et le fonçage ultérieur des puits ont démontré que jusqu’à la profondeur de 11,50 m, les sédiments rencontrés n’étaient nullement dans l’ordre stratigraphique naturel, mais qu’il s’agissait d’une zone d’éboulis sans doute très anciens où se retrouvaient dans un ordre quelconque des masses de limon de plateau (lœss), d’argiles grises et bleues infra et supra-gypseuses et de quelques masses de gypse supérieur. Plusieurs gros troncs de bois fossilisé, avec quelques passées charbonneuses, ont été remontés et se trouvaient à une profondeur de 7 à 10 m en dessous du niveau du sol »105.

Une datation (Gif-1840) a donné pour ce bois un âge supérieur ou égal à 35 000 ans BP, et donc probablement un Quaternaire plus ou moins ancien d’après les données stratigraphiques (période : Pléistocène supérieur, Würm). Les structures anatomiques semblent être celles d’un cyprès, ou d’un cyprès-chauve ou encore d’un séquoia. Les cernes sont étroits (0,3 à 0,6 mm), sans faux cernes et comportent un bois final très développé (20 à 30 couches de fibres trachéides)106.

Préhistoire : le Montmorencien

À Piscop, est découvert en 1923, par L. Franchet et L. Giraud107, un nouveau faciès, sur le site des « Lignières » à Bouffémont, en forêt de Montmorency. Il est nommé Montmorencien. L’outillage lithique a la particularité de sa matière d’œuvre à savoir un quartzite-grès du stampien.

Cinq sites, sur les trente-cinq montmorenciens de la forêt, ont permis de découvrir de l’industrie du Tardenoisien II, en silex d’apport : les microlithes. Quatre sites ont livré de l’industrie néolithique, dans ces mêmes sites montmorenciens de la forêt.

Le Montmorencien désigne une industrie à outillage macrolithique taillé dans le grès, de couleur brun à gris clair, localisée dans la région parisienne. Il se rencontre donc dans les affleurements de sable stampien des hauteurs des forêts de Fontainebleau et de Rambouillet.

Il paraît attribuable à une culture forestière remontant aux VIe et Ve millénaires avant notre ère et serait ainsi contemporain du Tardenoisien du Bassin parisien.

L’outillage est en majorité façonné sur des supports prismatiques (70 % en moyenne), possédant une face plane et des bords mis en forme par des retouches abruptes, ce qui a donné auparavant le nom de pic-plane à ces outils dont l’extrémité peut être terminée par un biseau transversal, par un front en grattoir, ou par une pointe trièdre.

Abondamment représenté dans le Bassin parisien, le Montmorencien reste cependant une des industries lithiques les plus mal connues. Le volume de matière première débitée dans les grands ateliers, l’absence de stratigraphie, l’acidité des sols (pas de trace d’ossements), la difficulté de datation (aucun prélèvement de charbons de bois provenant des fouilles anciennes) et la rareté des publications ont largement contribué à cette méconnaissance. Mais, heureusement, des tentatives de synthèse ont été réalisées par R. Daniel et plus récemment par J. Tarrête qui a consacré sa thèse à l’étude du Montmorencien108.

 

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages de base

Baillargeat (R.), Vie et œuvre des seigneurs de Montmorency. L’église collégiale Saint-Martin de Montmorency, Picard, Paris, 1959, gr. In- 8°, p. 335 ; bibl. p. 265-284.

Bedos (B.), La Châtellenie de Montmorency des origines à 1368, Aspects féodaux, sociaux et économiques, SHAP-VOV, 1980.

Chapuis (R.), Histoire de la ville de Montmorency depuis ses origines jusqu’à la Révolution, thèse à l’ÉPHES, Paris, Maurice Lavergne imprimeur, 1937-1939, 2 t. en 1 vol. , 175 p., et 176 p.

Monographie de l’instituteur 1900, Montmorency, 1899, 29 p., 7 photographies.

Rival (M.), Les Montmorency, Seigneurs de Montmorency, éd. Jean d’Orcival, 1995, 204 p.

Rowe (C.), Montmorency. Ses châteaux à travers les âges, 1981.

Autres références

Arzalier (F.), Les communautés villageoises de la vallée de Montmorency au XVIIIe siècle, in Des villages dans l’histoire, vallée de Montmorency (1750 à 1914), éd. Pr.Univ. Septentrion , Lille, 1996, p. 30.

Aubert (J.), Montmorency, in La grande histoire du Val d’Oise, Edijac, 1987, p. 265-267.

Aubert (J.), Les grandes heures de Montmorency et ses environs. Horvath, 1983.

Baillargeat (R.), Les tombeaux de Montmorency, 3e partie, in Mémoires SHAP-VOV, t. 63, 1970.

Baillargeat (R.), Regnault (P.), Le mausolée d’Anne de Montmorency. Les tombeaux de Saint-Martin de Montmorency, 2e partie, Chap. 3, Mémoires SHAP-VOV, t. 61, 1967, p. 43-221, 40 pl. Bibl. p. 135-142.

Baillargeat (R.), Les tombeaux de Montmorency, 1e partie, Les monuments funéraires de la Renaissance, Mémoires SHAP-VOV, t. 58, 1962, p. 61-91, 4 pl.

Baillargeat (R.), Lucien Magne et ses projets de façade pour l’église collégiale Saint-Martin de Montmorency, in Regnault (P.), Baillargeat (R.), L’abbé Marais et Lucien Magne à Montmorency, Mémoires SHAPV, t. 57, 1960, t.à.p, 1963, 33 p.

Baillargeat (R.), Les vitraux de Montmorency, Mémoires Paris et IDF, t. VII, 1955, p. 149-192.

Bédollière (E. de la), Histoire des environs du Nouveau Paris, illustré par Gustave Doré, Barbara, 1860.

Bedos Rezak (B.), Anne de Montmorency : seigneur de la Renaissance, éd. Publisud, 1990, 416 p.

Bedos (B.), Histoire de Montmorency. Le Moyen Âge. Coll. « Époques et Sociétés », AREM, 1979, 160 p.

Bedos (B.), Les origines de la famille de Montmorency, in C.R. et Mémoires de la SHAS, Senlis, 1976, p. 3-19.

Blondin (R.), L’origine de Montmorency. Étude toponymique, in Mémoires SHAP-VOV, t. 58, 1962, p. 47-51.

Broglie (R. de), Le connétable Anne de Montmorency, mécène et bibliophile, Chap. Ier, Mémoires SHAP-VOV, t. 61, 1967, p. 9-12.

Buffévent (B. de), L’Économie dentellière en région parisienne au XVIIe siècle, SHAP-VOV, Pontoise, 1984, Les paroisses dentellières, pp. 58-59.

Chapuis (R.), Histoire de la ville de Montmorency depuis ses origines jusqu’à la Révolution, 2 tomes, Imprimerie de Persan-Beaumont, 1939.

Chairon (F.), L’archéologie va-t-elle remettre en cause les débuts de Montmorency, in Revue SHMR, vol. 25, 2007, p. 5-13.

Chairon (F.), La vie de château. Le château féodal de Montmorency, in catalogue L’Île-de-France médiévale, t. 2, Somogy, 2001, p. 145-147.

Chairon (F.), Les chapelles de Montmorency (Val d’Oise), in Vivre en Val d’Oise, n° 27, 1994, pp. 19-23.

Chairon (F.), Ducoeur (G.), Les Templiers en Val d’Oise, in Vivre en Val d’Oise, n° 34, 1995, pp. 16-25.

Chapuis (R.), Montmorency. Son église. Son histoire, Imprimerie Loos, Saint-Dié-Paris, 1938, 92 p., 8 pl.

Chauche-Floury (D.) et Wabont (M.), Montmorency, in Wabont (M.), Abert (F.), Vermeersch (D.), (sous la dir.), Carte Archéologique de la Gaule, Val-d’Oise, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 2006, p. 350-351.

Collectif, Géologie, patrimoine géologique du Val d’Oise, Cergy-Pontoise, CGVO, IGAL, 2007, 36 p.

Collectif, Les arbres remarquables du Val d’Oise, éd. Dakota, 2005, 176 p.

Collectif, Montmorency, in, Les Vitraux de Paris, de la région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais, coll. Corpus Vitrearum, Recensement des vitraux anciens de la France, n° 1, éd. CNRS, 1978, 312 p., p. 121-124.

Contour (S.), Enghien-Deuil-Montmorency, in Le Val d’Oise dans les revues illustrées du XIXe siècle, éd. Valhermeil, 1996, p. 61.

Daniel (R.), Les gisements préhistoriques de la forêt de Montmorency (S.-et-O.) in Bull. SPF, t. 51, CNRS, 1954.

Depoin (J.), Recueil des chartes et documents de Saint-Martin-des-Champs, in Archives de la France Monastique, Paris, Ligugé, 1912, t. 1, charte 6, p. 14-18.

Depoin (J.), La légende des premiers Bouchard de Montmorency, SHAP-VOV, Pontoise, 1908, in 8°, 28 p.

Diffre (P.), Pomerol (C.), Paris et environs. Les roches, l’eau et les hommes, Coll. « Guides géologiques régionaux », éd. Masson, Paris, 1979, p. 26-28.

Duchesne (A.), Henri Heine, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 15, 1997, p. 33-40.

Duchesne (A.), Un châtelain de Montmorency, Charles Le Brun, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 13, 1995, p.19-23.

Duchesne (A.), Les historiens de Montmorency. Julien Ponsin 1846-1914, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 6, 1987, p. 27-29.

Ducoeur (D. et G.), et al. Histoire géologique du Parisis, in Ermont au fil du temps, Valhermeil, 1994.

Ducoeur (G.), La forêt de la préhistoire à l’antiquité, in Guide de la forêt de Montmorency, AFOMI, 1975, pp. 7-18.

Dupâquier (J.), (sous la dir.), Paroisses et Communes de France, Dictionnaire d’histoire administrative et démographique, Région Parisienne, éd. CNRS, Paris, 1974, p. 564.

Estournet (G.), Les Montmorency-Saint-Denis, lignage des Foucaud (seigneurs de Saint-Leu et de Juilly), SHAPV, Pontoise, 1925, in 8°, 128 p.

Ganier (G.), Anne de Montmorency, « Le pater familias », Chap. II, Mémoires SHAP-VOV, t. 61, 1967, p. 13-41.

Garcia (C.), Les mottes féodales en Pays de France (essai d’inventaire), Bull. trim. JPGF, Villiers-le-Bel, 1er trimestre 1995, ré-éd. 1997, 27 p., 1 carte, 6 plans, nombreuses illustrations et bibliographie.

Gassowski (J.-P.), L’armorial des communes du Val d’Oise, éd. Gaso, Mériel, 1996, s. p.

Giraud (E.), La préhistoire dans la région parisienne : Le gisement Mésolithique de Piscop, Forêt de Montmorency (S.-&-O.) in Bull. SHAAP, n° 14, année 1942, Vieil Argenteuil, p. 108-122, (conférence du 29 juin 1941).

Guérard (B.), Cartulaire de Notre-Dame de Paris, éd. B. Guérard, Documents inédits sur l’Histoire de France, Paris, 1850, 4 vol., in-4°.

Guilhermy (F. de), Inscriptions et épitaphes de la France du Ve au XVIIIe siècle. Ancien diocèse de Paris, Paris, t. 2, 1875, in 4°, p. 238-247.

Koeniguer (J.-C.), Les bois fossiles du Bassin de Paris, in Bull. JPGF, n° 4- 5, 1978, p. 4-7.

Lachiver (M.), Dictionnaire du monde rural. Les mots du passé, éd. Fayard, Paris, 1997, p. 394.

Lachiver (M.), Vin, vigne et vignerons en région parisienne du XVIIe au XIXe siècle, SHAP-VOV, 1982, p. 831 et 835.

Lasteyrie (R. de), Cartulaire général de Paris (528-1180), éd. R. de Lasteyrie, Histoire générale de Paris, Paris, 1887, in-4°.

Lebeuf (abbé J.), Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Paris, t. 1, 1758, ré-éd. 1883, pp. 614-627.

Le Blouch (A.-C.), Château Dino et château Le Laboureur, in Poisson (G.), Montmorency, in Dictionnaire des monuments d’Île-de-France, Hervas, Paris, 2001, p. 549 – 550.

Lefebvre (J.-C.), Les Ponsin, trois [générations d’] architectes de Montmorency, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 26, 2008, p. 56-77.

Lefeuve (C.), Histoire de la vallée de Montmorency, 1856 et 1866, ré-éd. CHAEVM, n°2, 1975, p. 19-48.

Lours (M.), Visage de la collégiale, in Revue de la SHMR, vol. 26, 2008, p. 28-40.

Lours (M.), Montmorency, Collégiale Saint-Martin. in Églises du Val-d’Oise, Pays de France, Vallée de Montmorency, Dix siècles d’art sacré aux portes de Paris, SHAGPDF, 2008, p. 199-209.

Lucka (A.), Falquet (P.), Deus et Patria, 150e anniversaire du premier pèlerinage polonais au cimetière de Champeaux à Montmorency 1843-1993, SHLP, 1993.

Marsoulaud (D.), Historique de l’Hôtel de Ville, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 6, 1987, p. 15-21.

Martinez (M.), Les traces d’un passé florissant à Montmorency au XVIIIe siècle, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 6, 1987, p.3-6.

Maunoury (M.-M.), Les polonais à Montmorency, 1831-1850, 1ère et 2ème parties, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 17, 1999, p. 56-67 et n° 18, 2000, p. 57-73.

Merlet, Abrégé des bons fruits, 1667, p. 23.

Merot (F.), Un paysage rural à l’ombre de Paris. La vallée de Montmorency aux XVIIe et XVIIIe siècles, Bull. SHMR, vol.25, 2007, p. 14-36.

Muchembled (R.), Bennezon (H.), Michel (M.-J.), (sous la dir.), Histoire du grand Paris, de la Renaissance à la Révolution, Perrin, 2009, 415 p.

Neu (J.-P.), Magarian (A.), Montmorency, Coll. « Nos villes en 1900 », vol. 2, Cofimag, Paris, 1984, 153 p.

Neveux (H.), Production et commerce des fruits dans la région de Montmorency dans la seconde moitié du XVIIe siècle, DES, Paris, 1958.

Olivereau (C.), (sous la dir.), La Renaissance en Val d’Oise, Les églises, Itinéraires du Patrimoine, n° 183, s.d., 32 p.

Perrot (F.), Portraits de famille. La collégiale Saint-Martin de Montmorency, Vivre en Val d’Oise, n° 83, 2004, p. 25-32.

Phlipponneau (M.), La vallée de Montmorency, in La vie rurale de la Banlieue Parisienne, Etudes et Mémoires CEE, A. Colin, 1956, 593 p., p. 419-423.

Planhol (X. de), Géographie historique de la France, 1988, p. 299.

Poisson (G.), Montmorency, in Dictionnaire des monuments d’Ile-de-France, Hervas, Paris, 2001, p. 549 – 550.

Poisson (G.), Montmorency, in Évocation du grand Paris. La banlieue nord-ouest de Paris, t. II, 1960, p. 532-560.

Pommerol (Ch.), Feugueur (L.), Bassin de Paris : Ile-de-France, in Guides géologiques régionaux, Paris, Masson, 1968, 174 p. et 16 pl. de fossiles.

Quellier (F.), Des fruits et des hommes. L’arboriculture fruitière en Ile-de-France (c.1600-c.1800), PUR, 2003, 464 p.

Quellier (F.), Les espèces et variétés fruitières réellement cultivées dans la vallée de Montmorency aux XVIIe et XVIIIe siècles, in Trochet (J.-R.), Péru (J.-J.), Roy (J.-M.), (sous la dir.), Jardinages en région parisienne du XVIIe au XXe siècle, Créaphis, 2003, p. 31-38.

Rabasse (J.), Les Champeaux du Moyen Âge à nos jours, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 26, 2008, p. 44-45.

Rabasse (J.), La justice à Montmorency à la fin de l’Ancien Régime, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 15, 1997, p. 4-6.

Rabasse (J.), Moulins et meuniers à Montmorency, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 15, 1997, p. 22-27.

Rabasse (J.), Les Condé, nouveaux seigneurs de Montmorency, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 13, 1995, p. 4-6.

Rabasse (J.), Duchesne (A.), La collégiale Saint-Martin de Montmorency, n° spécial de la Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, 1992, 95 p.

Rabasse (J.), Les seigneurs de Montmorency, les princes de Condé, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 7, 1989, p. 4-5.

Rage (abbé A.), Montmorency. Ses principaux seigneurs. L’église et ses verrières, Paris, 1922, p. 45-63.

Regnault (P.), Baillargeat (R.), L’abbé Marais et Lucien Magne à Montmorency, Mémoires SHAP-VOV, t. 57, 1960, t.à.p, 1963, 33 p.

Revue Illustrée des Communes de France, Paris, 1909.

Revues de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 1 (1982) à n° 26 (2008).

Rey (A.), Les châteaux de Montmorency, in Bull. SHP, Paris, t. 35, 1908.

Rey (A.), Les cahiers de Saint-Prix et de la subdélégation d’Enghien en 1789, Notes sur mon village, Paris, H. Champion, 1892, 354 p.

Rival (M.), Montmorency, in Le patrimoine des communes du Val d’Oise, Flohic, 1999, t. 2, p. 688-707.

Rival (M.), Montmorency, son parc et ses trois châteaux, in Vivre en Val d’Oise, n° 15, 1992, pp. 32-45.

Rival (M.), Le Refoulons, chemin de fer d’Enghien à Montmorency. Petite histoire d’une grande ligne (1866-1954), éd. Valhermeil, 1989, 290 p.

Roblin (M.), Le terroir de Paris aux époques gallo-romaine et franque, Picard, Paris, 1971, p. 246-247.

Rossi (H.), Maunoury (M.-M.), Guiraudet (N.), Lefebvre (J.-C.), Duchesne (A.), Les Polonais à Montmorency, n° spécial de la Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, 2004, ré-éd. 2007, 120 p.

Rowe (C.), La fontaine des Haras à Montmorency, in Bull. SHAP-VOV, n° 17-18, 1972, p.20-23.

Rowe (C.), La C.G.T. à Montmorency en 1897, une histoire de tramway, in Bull. SHAP-VOV, n° 38-41, 1985, p. 42-49.

Roy (J.-M.), Les bulletins de la Société d’horticulture de Montmorency : une source précieuse pour l’histoire de la Vallée et de son agriculture au XIXe siècle, Bull. SHMR, vol. 25, 2007, p. 38-59 et vol. 26, 2008, p. 5-27.

Soyer (R.), Carte géologique au 1/50 000e, feuille de l’Isle-Adam, XXIII-13, BRGM, 2e Ed., 1967.

Soyer (R.), Cailleux (A.), Géologie de la Région parisienne, PUF, « Que sais-je », n° 854, Paris, 1964, p. 39.

Svetovidoff (M.-C.), Un écrivain du XXe siècle. Madame Berthe Clorine Jeanne Le Barillier, dite Jean Bertheroy (1858-1927), in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 26, 2008, p.78-90.

Tarrête (J.), Le Montmorencien, 10e supplément à Gallia Préhistoire, CNRS, 1977, 220 p., 8 pl.

Thiery (R.), Rival (M.), (sous la dir.), Anne de Montmorency (1493-1993). Un homme de la Renaissance. Hercule et l’épée des seigneurs de Montmorency. La vertu et l’éloquence à la Renaissance. Anne de Montmorency et la vie intellectuelle de son temps. Catalogue d’exposition, Musée J.-J. Rousseau de Montmorency, 1993, 119 p.

Trochet (J.-R.), Péru (J.-J.), Roy (J.-M.), (sous la dir.), Jardinages en région parisienne du XVIIe au XXe siècle, Actes du Colloque « jardiner et produire » de l’écomusée de La Courneuve d’octobre 2000, Ed. Créaphis, 2003, 275 p.

Wabont (M.), Abert (F.), Vermeersch (D.), (sous la dir.), Carte Archéologique de la Gaule, Val-d’Oise, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 2006, p. 408.

 

 

 

Publié sur le site de Valmorency (Association pour la promotion de l’histoire et du patrimoine de la Vallée de Montmorency) : http://www.valmorency.fr

Tous droits d’auteur réservés. Reproduction soumise à autorisation avec citation de la source (contact : collet.hy@orange.fr)

 

 

 

1Archéologique de la Gaule, Val-d’Oise, Académie des I Chauche-Floury (D.) et Wabont (M.), Montmorency, in Wabont (M.), Abert (F.), Vermeersch (D.), (sous la dir.), Carte nscriptions et Belles-Lettres, Paris, 2006, p. 350-351.

2Depoin (J.), Recueil des chartes et documents de Saint-Martin-des-Champs, in Archives de la France Monastique, Paris, Ligugé, 1912, t. 1, charte 6, p. 14-18. Signum de Thetbaldi de Montemorenci.

3Lasteyrie (R. de), Cartulaire général de Paris (528-1180), éd. R. de Lasteyrie, Histoire générale de Paris, Paris, 1887, in-4°. Acte de 1130.

Guérard (B.), Cartulaire de Notre-Dame de Paris, éd. B. Guérard, Documents inédits sur l’Histoire de France, Paris, 1850, 4 vol., in-4°. Acte de 1184.

4Se dit du nom propre de la gens romaine, et intercalé entre le prénom et le surnom (cognomen) de l’individu (La présence de ce gentilice indique – à l’origine – la citoyenneté romaine).

5Un village anthroponyme dérive d’un personnage qui l’a habité, voire même fondé.

6Blondin (R.), L’origine de Montmorency. Étude toponymique, in Mémoires SHAP-VOV, t. 58, 1962, p. 47-51.

7Roblin (M.), Le terroir de Paris aux époques gallo-romaine et franque, Picard, Paris, 1971, p. 246-247.

8Cf. notre article « Les premiers seigneurs de Montmorency ».

9Nous avons réalisé une intervention archéologique en ce lieu-dit en 1990-1991. Seul un méreau monétaire en plomb imitant un denier obole du comte de Savoie Amédée III (1103-1148), trouvé sur le tracé du rempart du castellum de Montmorency, pourrait confirmer une implantation médiévale en ce lieu dès le XIIe siècle. Mais il ne peut en aucun cas correspondre à l’implantation primitive du castrum du Xe siècle, qui demeure, dès l’origine, sur la motte féodale, toujours en place, sur un site de prédominance, mais moins favorable.

10Voir le dessin aquarellé tardif, de 1708, conservé à la Bibliothèque Nationale de France, dont une reproduction est conservée au musée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency.

11Cf. notre article : « Le rôle social et économique des institutions religieuses dans la châtellenie de Montmorency ».

12Cf. notre article : « Les maladreries, les léproseries et les Hôtels-Dieu en vallée de Montmorency ».

13Cf. notre article : « La présence des Templiers en vallée de Montmorency. La maison de Montmorency ».

Chairon (F.), Ducoeur (G.), Les Templiers en Val d’Oise, Vivre en Val d’Oise, n° 34, nov. 1995, p. 16-25.

14Les remparts du castellum datent, comme nous l’avons vu, du XIIe siècle, mais ils ont été restaurés au XVe siècle.

15Cf. notre article : « Le(s) moulin(s) de Sannois » et « Histoire générale de Sannois ».

16Un troisième moulin est construit, rue de Pontoise, vers 1815. Son existence sera brève, il disparaît peu après 1832. Cf. Rabasse (J.), Moulins et meuniers à Montmorency, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 15, 1997, p. 22-27.

17Cf. notre article : « La collégiale Saint-Martin de Montmorency ».

18Chairon (F.), La vie de château. Le château féodal de Montmorency, in catalogue L’Île-de-France médiévale, t. 2, Somogy, 2001, p.145-147.

19Cf. notre article : « Histoire générale de Deuil-la-Barre ».

20Rousseau (J.-J.), Les Confessions (partie II, livre X).

21Soyer (R.), Cailleux (A.), Géologie de la Région parisienne, PUF, « Que sais-je », n° 854, Paris, 1964, p. 39.

22Lachiver (M.), Vin, vigne et vignerons en région parisienne du XVIIe au XIXe siècle, SHAPVOV, 1982, pp. 831 et 835.

Arzalier (F.), Les communautés villageoises de la vallée de Montmorency au XVIIIe siècle, in Des villages dans l’histoire, vallée de Montmorency (1750 à 1914), éd. Pr. Univ. Septentrion , Lille, 1996, p. 30.

23Merlet, Abrégé des bons fruits, 1667, p. 23. Cité par Quellier (F.), Des fruits et des hommes. L’arboriculture fruitière en Ile-de-France (c.1600-c.1800), PUR, 2003, p. 18, note 41.

24Neveux (H.), Production et commerce des fruits dans la région de Montmorency dans la seconde moitié du XVIIe siècle, DES, Paris, 1958.

25Rabasse (J.), Les seigneurs de Montmorency, les princes de Condé, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 7, 1989, p. 4-5.

Rabasse (J.), Les Condé, nouveaux seigneurs de Montmorency, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 13, 1995, p. 4-6.

26Cf. notre article : « Histoire générale de Saint-Gratien ».

27Duchesne (A.), Un châtelain de Montmorency, Charles Le Brun, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 13, 1995, p. 19-23.

28Quellier (F.), op. cit., p. 19.

29La Quintinie conseille de multiplier les clos à l’intérieur d’un grand jardin à l’image du potager du roi.

30Archives départementales du Val d’Oise, demandes B 95/1277 (du 25/06/1781), B 95/1281(du 28/10/1785), B 95/1283 (du 21/05/1787), citées par Quellier (F.), op. cit., p. 49, note 135.

31Quellier (F.), op. cit., p. 49.

32Quellier (F.), op. cit., p. 71-72.

33Cf. notre article : « Histoire générale d’Andilly ».

34Cf. notre article : « Histoire générale de Margency ».

35Arch. dép. du Val d’Oise, tarif du 12/08/1654, arch. municipales de Pontoise, FF 7 C4.

36Planhol (X. de), Géographie historique de la France, 1988, p. 299.

37Arch. dépt. de Seine-et-Marne, 16 C 13, ordonnance du 01/04/1774.

38Quellier (F.), op. cit., p. 90.

39Rey (A.), Les cahiers de Saint-Prix et de la subdélégation d’Enghien en 1789, Notes sur mon village, Paris, H. Champion, 1892, p. 1.

40Lachiver (M.), Dictionnaire du monde rural. Les mots du passé, éd. Fayard, Paris, 1997, p. 394.

41Griotte : cerise acidulée, que l’on distingue de la guigne, cerise douce ; de la cerise vraie à chair mi-ferme ; du bigarreau, à chair ferme et, bien sûr, de la merise, cerise sauvage.

42Neu (J.-P.), Magarian (A.), Montmorency, Collection « Nos villes en 1900 », volume 2, éd. Cofimag, Paris, 1984, pp. 89-99.

43Neu (J.-P.), Magarian (A.), op. cit., p. 89-96.

44Buffévent (B. de), L’Économie dentellière en région parisienne au XVIIe siècle, SHAP VOV, Pontoise, 1984, Les paroisses dentellières, p. 58-59.

45Cf. notre article : « Les nourrices rurales d’enfants des « bourgeois » de Paris et de la région parisienne – Du berceau à la tombe ».

46Arzalier (F.), Du berceau à la tombe, in op. cit., p. 55-62.

47Lebeuf (abbé J.) : Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Paris, t. 1, pp. 614-627.

48Dupâquier (J.), (sous la dir.), Paroisses et Communes de France, Dictionnaire d’histoire administrative et démographique, Région Parisienne, éd. CNRS, Paris, 1974, p. 564.

49Contour (S.), Enghien-Deuil-Montmorency, in Le Val d’Oise dans les revues illustrées du XIXe siècle, éd. Valhermeil, 1996, p. 61. Article signé M. V., paru dans Le Monde illustré du 14 juillet 1866.

50Neu (J.-P.), Magarian (A.), op. cit., p. 13-14.

51Cf. notre article : « Les pépiniéristes en vallée de Montmorency ».

52Cf. notre article : « Vignes et vignerons en vallée de Montmorency ».

53Rival (M.), Le Refoulons, chemin de fer d’Enghien à Montmorency. Petite histoire d’une grande ligne (1866-1954), éd. Valhermeil, 1989, 290 p.

54Cf. notre article : « Les métiers de la forêt »

55Rabasse (J.), Les Champeaux du Moyen Âge à nos jours, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 26, 2008, p. 44-45.

Cf. notre article : « Les carrières à plâtre, tuiliers et briquetiers en vallée de Montmorency ».

56La Société de transport en commun de la Région parisienne desservait uniquement le département de la Seine, de 1921 à 1941 : c’est l’ancêtre de la RATP.

57Rowe (C.), La C.G.T. à Montmorency en 1897, une histoire de tramway, in Bull. SHAP-VOV, n° 38-41, 1985, p. 42-49.

Neu (J.-P.), Magarian (A.), Montmorency, Coll. « Nos villes en 1900 », Vol. 2, éd. Cofimag, 1984, p. 30.

58Archives départementales du Val d’Oise, Montmorency, 7 M 274/1.

59Neu (J.-P.), Magarian (A.), op. cit., p. 137.

60Archives départementales du Val d’Oise, Montmorency, 7 M 276/2.

61Idem.

62Gassowski (J.-P.), L’armorial des communes du Val d’Oise, éd. Gaso, Mériel, 1996, s. p.

63Garcia (C.), Les mottes féodales en Pays de France (essai d’inventaire), Bull. trim. JPGF, Villiers-le-Bel, 1er trimestre 1995, ré-éd. 1997, 27 p., 1 carte, 6 plans, nombreuses illustrations et bibliographie.

64Archives nationales K 18, n° 2. La date d’arrivée de Bouchard de Bray à Montmorency se situe entre 988 et 997 de notre ère.

65Voir supra, note 10.

66Chairon (F.), La vie de château., op. cit., p. 145-147.

67Chairon (F.), L’archéologie va-t-elle remettre en cause les débuts de Montmorency, in Revue SHMR, vol. 25, 2007, p. 5-13.

68Rival (M.), Montmorency, in Le patrimoine des communes du Val d’Oise, Flohic, 1999, t. 2, p. 689.

69Baillargeat (R.), Vie et œuvre des seigneurs de Montmorency. L’église collégiale Saint-Martin de Montmorency, Picard, Paris, 1959, gr. In- 8°, p. 335. Bibl. p. 265-284.

70Poisson (G.), Montmorency, in Dictionnaire des monuments d’Ile-de-France, Hervas, Paris, 2001, p. 549 – 550.

71Gachelin (M.), Histoire de Montmagny, Centre Culturel Communal, 1979, pp. 19-21.

Cf. notre article : « Histoire générale de Montmagny ».

72Rowe (C.), La fontaine des Haras à Montmorency, in Bull. SHAP-VOV, n° 17-18, 1972, pp. 20-23.

73Rival (M.), Montmorency, in op. cit., p. 701.

Rabasse (J.), La justice à Montmorency à la fin de l’Ancien Régime, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 15, 1997, p. 4-6.

74Poisson (G.), op. cit., p. 550.

Martinez (M.), Les traces d’un passé florissant à Montmorency au XVIIIe siècle, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 6, 1987, p. 3-6.

75Le Blouch (A.-C.), Château Dino et château Le Laboureur, in Poisson (G.), op. cit., p. 550.

Rival (M.), Montmorency, in op. cit., p. 692.

Rival (M.), Montmorency, son parc et ses trois châteaux, in Vivre en Val d’Oise, n° 15, 1992, p. 32-45.

Rey (A.), Les châteaux de Montmorency, in Bull. SHP, Paris, t. 35, 1908.

76Poisson (G.), op. cit., p. 550.

77Cf. notre article : « Histoire générale d’Enghien-les-Bains, l’église Saint-Joseph ».

78Rival (M.), Montmorency, in op. cit., p. 701.

Marsoulaud (D.), Historique de l’Hôtel de Ville, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 6, 1987, pp. 15-21.

79Poisson (G.), op. cit., p. 550.

80Rival (M.), Montmorency, in op. cit., p. 701.

81Cf. nos articles : « Histoire générale d’Enghien-les-Bains, Louis-Gabriel-Eugène Isabey » et  « L’auberge du Cheval Blanc à Montmorency ».

82Sur l’enseigne originale, une face fut peinte par Isabey et l’autre face par Gérard.

83Svetovidoff (M.-C.), Un écrivain du XXe siècle. Madame Berthe Clorine Jeanne Le Barillier, dite Jean Bertheroy (1858-1927), in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 26, 2008, p.78-90.

84Rival (M.), Montmorency, in op. cit., p. 705.

85Voir ci-dessus Le Mont-Louis, la maison des Commères et le musée Jean-Jacques Rousseau.

86Cf. notre article : « Histoire générale d’Enghien-les-Bains, Émile de Girardin ».

87Collectif, Grand Larousse encyclopédique, édition Prestige, t. 17, Larousse, Paris, 1970.

88Voir infra Julien-Louis Ponsin.

89Collectif, Grand Larousse encyclopédique, édition Prestige, t. 12, Larousse, Paris, 1970.

90Charles Le Brun possède à Paris un logement aux Gobelins et une maison rue des Fossés-Saint-Bernard (près de l’ancienne abbaye de Saint-Victor), en l’actuel Ve arrondissement.

91Rival (M.), Montmorency, son parc et ses trois châteaux, in Vivre en Val d’Oise, n° 15, 1992, p. 32-45.

Duchesne (A.), Un châtelain de Montmorency, Charles Le Brun, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 13, 1995, p.19-23.

92Cf. notre article : « Michel Jean Sedaine (1719-1797) à Saint-Prix ».

93Collectif, Grand Larousse encyclopédique, édition Prestige, t. 10, Larousse, Paris, 1970.

94Karl Marx habitera, plus tard, en 1881-1882, chez sa fille Jenny, à Argenteuil, boulevard de Saint-Denis (actuellement, 27 boulevard Karl Marx) et se rendra aussi à Enghien-les-Bains.

95Collectif, Grand Larousse encyclopédique, édition Prestige, t. 10, Larousse, Paris, 1970.

96Duchesne (A.), Henri Heine, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 15, 1997, p.33-40.

97Maunoury (M.-M.), Les polonais à Montmorency, 1831-1850, 1ère partie, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 17, 1999, p. 56-67.

98Maunoury (M.-M.), op. cit., 2ème partie, n° 18, 2000, p. 57-73.

Rossi (H.), Maunoury (M.-M.), Guiraudet (N.), Lefebvre (J.-C.), Duchesne (A.), Les Polonais à Montmorency, n° spécial de la Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, 2004, ré-éd. 2007, 120 p.

Baillargeat (R.), Les tombeaux de Montmorency, 3e partie, in Mémoires SHAP-VOV, t. 63, 1970.

99Lucka (A.), Falquet (P.), Deus et Patria, 150e anniversaire du premier pèlerinage polonais au cimetière de Champeaux à Montmorency 1843-1993, SHLP, 1993.

Maunoury (M.-M.), op. cit., p. 68-72.

100Collectif, Grand Larousse encyclopédique, édition Prestige, t. 16, Larousse, Paris, 1970.

101Musée J.J. Rousseau de Montmorency, cote : D2a/VIII (6).

Duchesne (A.), Les historiens de Montmorency. Julien Ponsin 1846-1914, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 6, 1987, p. 27-29.

102Lefebvre (J.-C.), Les Ponsin, trois [générations d’] architectes de Montmorency, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 26, 2008, p. 56-77.

103Diffre (P.), Pomerol (C.), Paris et environs. Les roches, l’eau et les hommes, Coll. « Guides géologiques régionaux », éd. Masson, Paris, 1979, p. 26-28.

104Soyer (R.), Carte géologique au 1/50 000e, feuille de l’Isle-Adam, XXIII-13, BRGM, 2e Ed., 1967.

105Koeniguer (J.-C.), Les bois fossiles du Bassin de Paris, in Bull. JPGF, n° 4- 5, 1978, p. 4-7.

106Koeniguer (J.-C.), idem., p. 4-7.

Cf. notre article : « Géologie, géomorphologie, utilisation des roches et des ressources naturelles par l’homme ».

107Giraud (E.), La préhistoire dans la région parisienne : Le gisement Mésolithique de Piscop, Forêt de Montmorency (S.-&-O.) in Bull. SHAAP, n° 14, année 1942, Vieil Argenteuil, p. 108-122, (conférence du 29 juin 1941).

108Tarrête (J.), Le Montmorencien, 10e supplément à Gallia Préhistoire, CNRS, 1977, 220 p., 8 pl.

Daniel (R.), Les gisements préhistoriques de la forêt de Montmorency (S.-et-O.) in Bull. SPF, t. 51, CNRS, 1954.

Cf. notre article : « La préhistoire en vallée de Montmorency ».